Ozone: la Chine pointée du doigt

Le 12 novembre 2018 par Romain Loury
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La couche d'ozone se rebouche peu à peu
La couche d'ozone se rebouche peu à peu

La Chine a fait l’objet de toutes les attentions lors de la 30ème réunion des parties au Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d’ozone. Et pas pour les meilleures raisons: le pays exhale encore d’importantes quantités de CFC-11, interdit depuis 1996.

En mai, une étude publiée dans Nature révélait que la teneur atmosphérique de CFC-11 diminuait bien moins vite qu’on ne pouvait s’y attendre: au lieu de -2% par an, elle ne baisse que de 0,08%. Corollaire: cette substance, dont la production est interdite depuis 1995 par le Protocole de Montréal, continue à être produite illégalement.

Le CFC-11 n’est pas le seul gaz appauvrissant la couche d’ozone à être toujours émis illégalement. Lundi 12 novembre, des chercheurs suisses du Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche (EMPA) a révélé que 35.000 tonnes de tétrachlorométhane, lui aussi interdit, étaient encore produites chaque année dans le monde. Parmi elles, 20.000 tonnes proviendraient de Chine, tandis que le reste serait issu d’autres pays d’Asie du sud-est, mais aussi d’Europe et des Etats-Unis. Nobody’s perfect.

Or les relevés pointent vers une production chinoise. De quoi doucher les récentes bonnes nouvelles sur le front de la couche d’ozone, rares dans la lutte environnementale: d’une part, le trou se résorbe, avec une fermeture complète dans l’hémisphère nord attendue d’ici à 2030. D’autre part, les parties au Protocole de Montréal se sont engagées, en 2016 à Kigali (Rwanda), à réduire fortement la production de HFC.

Le mea culpa chinois

L’épineuse question du CFC-11 a fait l’objet d’une session spéciale lors de la 30ème rencontre des parties, qui s’est tenue du lundi 5 au vendredi 9 novembre à Quito (Equateur). «En raison de nouveaux éléments pointant vers la Chine, la nervosité était palpable le premier jour de la rencontre, de nombreux participants se demandant comment la Chine et les autres parties aborderaient le problème», selon un résumé officiel de la rencontre publié lundi 12 novembre.

Après avoir, dans un premier temps, mis en doute la fiabilité de ces résultats, la Chine a décidé de faire amende honorable: «elle a assuré les délégués que ces découvertes récentes avaient été prises très au sérieux, et avoir mené 1.172 inspections à travers le pays, plusieurs entreprises ayant été traduites en justice pour la production et l’usage de CFC-11».

Si le discours a été ressenti comme «une marque agréablement inattendue d’humilité», selon le bulletin, la question se pose d’aller au-delà de la simple confiance accordée aux signataires du Protocole de Montréal: plusieurs délégués ont en effet soulevé la possibilité de revoir son fonctionnement, pour le rendre plus contraignant et accroître la surveillance.



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