Ouverture de la chasse, dans une atmosphère agitée

Le 06 septembre 2013 par Marine Jobert
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La perdrix grise a bien du mal à se reproduire en 2013.
La perdrix grise a bien du mal à se reproduire en 2013.

La perdrix grise a perdu des plumes dans les péripéties météorologiques de l’année 2013. A tel point que les chasseurs devront relever leur fusil devant cette espèce qui compte, en France, près de 800.000 couples. Les effectifs de sangliers sont toujours au zénith.

La moitié sud du pays retourne à la chasse à partir de dimanche 8 septembre et sera rejointe la semaine suivante par les nordistes. L’Alsace et la Moselle chassent déjà depuis deux semaines, imitées par la Corse depuis le 1er septembre. La Sarthe fermera le ban, le 29 septembre. La Fédération nationale de la chasse (FNC) a profité de la rentrée cynégétique pour faire le point sur l’état du gibier. Car les conditions météorologiques des 9 derniers mois ont perturbé l’alimentation, la nidification et la reproduction de certaines espèces. Notamment de la perdrix grise, «la grande absente de l’ouverture dans la plupart des communes du nord de la Loire», déplore la FNC. Les populations sont tellement mal en point que «par précaution, de nombreux départements vont suspendre le tir de la perdrix grise».

Les perdrix grises ont trop vu l’hiver

Un hiver long et un printemps froid et pluvieux semblent avoir considérablement entamé les chances de survie et de reproduction des couples de perdrix grises, qui se forment en hiver et dont les poules pondent en mai -souvent dans des champs de céréales à paille- quand la végétation leur offre un couvert suffisant. «Avec des cultures qui sont montées tardivement cette année, ont-ils niché dans des endroits moins favorables et plus propices aux prédateurs?», s’interroge François Reitz. Le responsable des études sur le petit gibier de plaine de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) rapporte au Journal de l’environnement que les observations menées après les moissons, fin août, ont montré un effondrement des compagnies de perdrix grises. «En année moyenne, on compte entre 4 et 5 jeunes par femelle. Cette année, c’est 2 jeunes par femelle. C’est la plus mauvaise année depuis 1981, où l’on avait compté 2,5 jeunes par femelle.»

2 jeunes par femelle

Une nidification délicate, une couvaison et une éclosion gênées par les intempéries, et les premières semaines des oisillons malmenées par la raréfaction des insectes, eux-mêmes en retard à cause des conditions météo… Le constat est préoccupant, d’autant que les petits nés lors des pontes de remplacement (les poules peuvent pondre deux, voire trois fois; on parle alors de ponte de recoquetage) vont être bientôt confrontés aux frimas de l’automne. «Pas sûr qu’ils survivent, craint François Reitz. C’est pour cela qu’il fallait que l’on alerte les chasseurs sur cette saison très mauvaise.»

Tableau de chasse = évaluation scientifique

Quand la FNC affiche un optimisme bonhomme sur les populations de lièvres– «un gîte plus accueillant et une nourriture disponible plus longtemps qu’à l’accoutumée ont permis aux populations présentes d’exprimer toutes leurs capacités. L’abondance de cette présence va offrir aux chasseurs de belles émotions qui se prolongeront jusque dans les assiettes»- François Reitz reste prudent. «L'impression générale est que l’espèce se porte bien, car les échos des observations des agriculteurs dans leurs champs sont bons. Mais il n’y a pas encore eu d’évaluation scientifique. Il faut attendre les tableaux de chasse, notamment pour distinguer les adultes des jeunes.» La perdrix rouge connaît des fortunes diverses selon son lieu de résidence. «Pas terrible dans le Bassin parisien, bonne année dans le Sud», détaille François Reitz. Même constat pour le faisan commun, dont les spécimens sauvages (mais implantés par l’homme) affichent des taux de reproduction assez bas dans le nord du pays.

Règles environnementales

Les chasseurs vont être mis à contribution dans le cadre de l’enquête «Tableaux de chasse 2013/2014», une initiative conjointe de l’ONCFS et de la FNC pour une meilleure connaissance des prélèvements de gibier à l’échelle nationale. En juillet 2013, 60.000 chasseurs tirés au sort ont reçu un questionnaire par voie postale, qu’ils rempliront, anonymement, sur papier ou via un site web dédié. En début de saison de chasse, ils indiqueront les modes de chasse pratiqués, les espèces chassées, l’ancienneté à la chasse et les départements de chasse. Puis, en fin de saison, le chasseur renseignera le type de validation du permis de chasser choisie et le tableau de chasse réalisé pour chaque espèce et chaque département de chasse. Pourquoi participer à cette enquête? «La chasse, activité qui s’inscrit dans le développement durable, ne peut échapper aux règles environnementales», répond la FNC.

 

 

Accidents de chasse, où en est-on?
L’ennemi naturel de la FNC ressort du terrier: l’association pour la protection de la faune sauvage (Aspas) conteste vigoureusement l’interprétation que la Fédération nationale des chasseurs –main dans la main avec l’ONCFS– fait des derniers chiffres publiés sur les accidents de chasse. Avec 179 accidents pour la saison 2012-2013, l’ONCFS considère que ces chiffres sont «dans la moyenne des 5 dernières années». L’Aspas, elle, dénonce une augmentation de 25% des accidents de chasse la saison dernière (et de 37% depuis la saison de chasse 2011/2012). Lors de la réception de l'Aspas le 5 septembre à l’Elysée par des collaborateurs de François Hollande, il a été question de l’interdiction de la chasse le dimanche. Une demande qui a déjà rassemblé près de 300.000 signatures dans le cadre d’une pétition. L’ambiance s’annonce déjà tendue entre les deux camps, puisque Pierre Athanaze -le président de l’Aspas- assure avoir été privé d’antenne, à la demande des chasseurs, lors d’une émission programmée ce 6 septembre sur France Inter. «Ils m’ont dit que les chasseurs ne voulaient pas débattre avec moi», explique Pierre Athanaze ulcéré du procédé, qui a écrit à Philippe Val, directeur de France Inter et à Jean-Luc Hess, président de Radio-France. Ce dernier lui a répondu et une heure d'émission -garantie sans chasseur- devrait être consacrée aux vues de l'Aspas.
 
 


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