Ouverture de la banque de la transition énergétique

Le 28 novembre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pour Vince Cable, la GIB financera la transition énergétique britannique
Pour Vince Cable, la GIB financera la transition énergétique britannique

Londres inaugure sa Green Investment Bank, un établissement pour financer la transition énergétique. Reste à savoir comment.

Une fois de plus, ce sont les Anglais qui ont tiré les premiers. Mercredi 28 novembre, le ministre des entreprises Vince Cable a inauguré la Green Investment Bank (GIB). «Unique au monde», dixit le gouvernement britannique, cet établissement peut apparaître comme paradoxal sous bien des angles.

A commencer par sa genèse. C’est probablement la première fois qu’une coalition libérale-conservatrice crée une banque… publique. Son objet ensuite. La GIB, comme on la surnomme déjà, «doit apporter une contribution significative au développement d’une économie verte», a rappelé Vince Cable. Et c’est là le troisième paradoxe.

Basée à Londres et à Edinburg, la banque verte n’est dotée que de 3 milliards de livres (3,7 milliards d’euros) de capital: le montant d’aide publique autorisé par Bruxelles en octobre dernier.

Dès cette semaine, la GIB va apporter 8 M£ (10 M€) pour construire un système de valorisation énergétique du biogaz, à Teeside. Un autre chèque de 5 M£ (6,1 M€) sera signé au fabricant de matériaux de construction Kingspan Group pour l’aider à améliorer (de 15%) l’efficacité énergétique de ses usines. Rien à redire, si ce n’est que ces montants apparaissent ridicules au regard de l’enjeu de la transition énergétique.

Adoptée en 2008, la loi sur le changement climatique impose au Royaume-Uni d’abattre de 80% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Ce qui nécessitera de très lourds investissements.

Rien que pour maintenir à niveau le système énergétique (même capacité installée, maintien et développement des réseaux de transport), plus de 200 Md£ (247 Md€) d’investissements sont déjà budgétées. Le seul programme nucléaire d’EDF Energy prévoit la réalisation de 4 réacteurs EPR d’ici 2022, pour un montant supérieur à 16 Md£ (19,7 Md€).

Dans un rapport publié en mars 2009, le ministère de l’énergie et du changement climatique estime le coût de cette transition entre 324 et 404 Md£ (400 et 500 Md€), sur 43 ans. Un programme dont les bénéfices attendus pourraient s’élever entre 457 et 1.020 Md£ (565 et 1.261 Md€).

Pour d’obscures raisons, la Chambre des communes a interdit à la GIB, fin octobre, d’emprunter sur les marchés avant… 2017. Certes, les observateurs rappellent que la toute nouvelle loi sur l’énergie autorise les producteurs d’électricité ou de gaz à tripler, d’ici 2020, le montant qu’ils prélèvent sur les factures de leurs clients pour financer la construction de centrales «bas carbone» (éolienne, photovoltaïque, nucléaire).

Reste à savoir si ce complément (évalué à 7,6 Md£ par an -9,4 Md€- en 2020) sera suffisant pour atteindre les objectifs fixés (30% d’électricité d’origine renouvelable en 2020) et si cette ponction sera acceptée par la population. Pas sûr.

En France, la contribution au service public de l’électricité, dont les trois quarts des charges sont consacrées aux énergies «bas carbone», aura quintuplé entre 2003 et 2013. Malgré cela, la France ne tiendra probablement pas son objectif «renouvelable» européen. Pis, la hausse de cette taxe devrait contribuer, avec d’autres facteurs, au développement de la précarité énergétique.

http://www.decc.gov.uk/assets/decc/85_20090310164124_e_@@_climatechangeactia.pdf



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