Ouverture d’une information judiciaire sur la pollution aux PCB

Le 14 décembre 2011 par Stéphanie Senet
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Le dossier de la pollution aux PCB près de l’usine Aprochim de Grez-en-Bouère (Mayenne) va rejoindre les bureaux d’un juge d’instruction. Le procureur de Laval a en effet ouvert aujourd’hui 14 décembre une information judiciaire pour mise en danger de la vie d’autrui et pollution après la détection de taux anormalement élevés de polychlorobiphényles (PCB) depuis le mois de janvier 2011.

Deux plaintes avec constitution de partie civile avaient été déposées par des riverains très inquiets selon le procureur Raphaël Sanesi.
 
Parallèlement, les dernières analyses effectuées par la société Aprochim donnent des résultats encourageants, a rassuré la préfecture de la Mayenne lors d’une conférence de presse organisée aujourd’hui.
 
Selon les mesures prises fin novembre en sortie de cheminée, les valeurs-limites fixées par l’arrêté préfectoral du 12 juillet 2011 pour les PCB ne sont pas atteintes.
 
Les prélèvements d’herbe, réalisés début décembre dans le cadre du plan préfectoral de surveillance renforcé, montrent une baisse du taux de PCB dans deux parcelles sur trois situées près de l’entreprise. Mais les herbes ne sont conformes aux seuils qu’au-delà de 500 mètres du site, comme précédemment.
 
Par ailleurs, des prélèvements ont permis de mesurer les retombées de poussière. Selon la préfecture, les retombées de PCB sont divisées par 3, dans l’enceinte de l’entreprise, par rapport au mois de janvier. A l’extérieur du site, elles sont proches du bruit de fond national (1 picogramme par mètre carré et par jour -pg/m2/jour), sauf sur une parcelle proche où le taux atteint 2,77 pg/m2/jour.
 
Pour rappel, le spécialiste du traitement des déchets contaminés a été mis en demeure, le 22 novembre, de respecter dans les 15 jours les seuils d’émission de PCB (JDLE), sous peine de voir l’activité de l’usine suspendue.
 
Le plan de surveillance renforcée se poursuit. Prévu initialement pour trois mois, il consiste en des prélèvements sur site et dans les environs (herbe, air, sol, eaux, lait et viande), de façon régulière et inopinée. La production de l’usine reste bridée à 50% de son activité.
 
Le signal d’alarme a été donné en janvier dernier, lorsque des taux anormalement élevés de PCB ont été décelés dans les productions de plusieurs exploitations agricoles. Ils ont été confirmés à plusieurs reprises, en mars et en mai, provoquant la mise sous séquestre, totale ou partielle, de 11 fermes et l’abattage de 300 bovins contaminés.
 
Les PCB, plus connus en France sous le nom de pyralènes, sont des dérivés chimiques utilisés à partir des années 1930 et pendant des décennies dans l'industrie, comme isolants dans les transformateurs électriques, lubrifiants dans les turbines ou composants dans les peintures. La vente de produits contenant des PCB est interdite depuis 1987.


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