Ours: l’atonie de l’Etat dénoncée par des associations

Le 16 septembre 2013 par Marine Jobert
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Ursus arctos: ils seraient une vingtaine dans les Pyrénées françaises.
Ursus arctos: ils seraient une vingtaine dans les Pyrénées françaises.

Le ton continue de monter entre défenseurs de l’ours pyrénéen et certains éleveurs de brebis. Une escalade sans juge de paix, puisque l’Etat serait absent, dénoncent deux associations pro-plantigrade. Une atonie jamais vue depuis 20 ans, alors que les esprits continuent de se crisper sur le dossier du loup, en passe d’étendre son territoire jusqu’à la Haute-Marne.


«Y a-t-il encore en France un ministre pour défendre l’écologie?» Cette question grinçante émane de deux associations généralement modérées dans leurs adresses. Ferus (spécialisée dans la conservation de l’ours, du loup et du lynx) et l’association Pays de l’ours/Adet (qui est à l’origine du retour de l’ours dans les Pyrénées) expriment là leur stupéfaction devant le décalage qu’elles observent entre les déclarations, agissements et provocations revendiquées des opposants à l’ours et, en face, le silence des pouvoirs publics. Les deux associations ont listé les menaces agitées par des éleveurs lors de l’année en cours, de l’appel à abattre des plantigrades à la menée de battues d’effarouchement. En juillet dernier, par exemple, des éleveurs avaient intimé l’ordre au préfet de retirer un plantigrade de leur secteur dans les 48 heures. «Passé ce délai, tout sera mis en œuvre pour l’abattre», menaçaient-ils. Des prises de position qui donnent le ton de l’ambiance tendue dans le massif pyrénéen.

 

Une cohabitation houleuse

«Nous n’avons jamais connu de ministère [de l’écologie] aussi absent et fuyant ainsi ses responsabilités», assènent les deux associations, qui rappellent que les actions menées par les éleveurs tombent sous le coup de la loi et ne devraient pas faire l’objet d’une quelconque «appréciation politique». «Non, la loi n’autorise pas d’effaroucher une espèce protégée! Non, la loi n’autorise pas de retirer les ours des Pyrénées! Non, la loi n’autorise pas de menacer ou d’insulter des agents assermentés! Et non bien sûr, la loi n’autorise pas d’abattre une espèce protégée!», scandent les associations. Et de mettre sur le tapis la délicate question des indemnisations, plus élevées lorsque les ovins ont été attaqués par un plantigrade. «Sous la pression des opposants, ’l’indemnisation au bénéfice du doute‘ pour les pertes à l’origine incertaine est en train de devenir une ’assurance tous risques‘ qu’il suffit de réclamer assez fort pour l’obtenir sans justification», dénoncent les associations. Celles-ci estiment que sur les 25.000 brebis qui meurent chaque été dans les Pyrénées, seul 1% peut être imputé à l’ours. «N’en déplaise [aux deux associations anti-ours], l’histoire est en marche, et elle va dans le sens de la cohabitation», concluent Férus et l’Adet, en demandant à Philippe Martin d’agir sur ce dossier.

 

Le loup en Belgique?

Un autre prédateur impose lui aussi la cohabitation à marche forcée… Plusieurs attaques de troupeaux ont eu lieu en Haute-Marne, qu’un cliché pris par l’office de la chasse est en passe d’attribuer à un ou des loup(s). Des tirs de défense contre le prédateur ont été autorisés le 13 septembre par les préfets de l'Aube et de la Haute-Marne. «Les éventuels tirs pourront être létaux mais viseront surtout à la protection du troupeau. Il seront effectués par des lieutenants de louveterie et non par ces éleveurs qui n'ont pas le permis de chasse», a précisé la préfecture de Haute-Marne, citée par l’AFP. Une vingtaine de troupeaux ont été attaqués dans les deux départements depuis la fin du mois de mai dernier, mais faute de matériel ADN, la responsabilité du loup n’avait pu être établie ou écartée formellement. Le cliché en question a été pris à proximité d’une pâture récemment attaquée. Après être entré en France par l’Italie et l’Espagne, le loup pourrait avoir franchi une autre frontière européenne, rapporte RTL Belgique: des naturalistes rapportent avoir observé des loups en forêts wallones. Des observations pour l’heure non confirmées.

 

 

 



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