Ours: bientôt une nouvelle réintroduction dans les Pyrénées?

Le 04 juillet 2016 par Marine Jobert
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L'ours Pyros, toujours vaillant malgré ses 29 printemps.
L'ours Pyros, toujours vaillant malgré ses 29 printemps.
©ONCFS / Equipe Ours

Bloqué depuis 6 ans, un avis du Comité de Massif des Pyrénées entrouvre la porte au lâcher d’un ou 2 femelles dans la partie occidentale, dans laquelle ne subsistent plus que 2 mâles. Une question qui devra être tranchée au plus haut niveau.

C’est un avis consultatif, qui ne tranche ni dans un sens, ni dans l’autre. Mais il pourrait pourtant marquer un tournant dans le dossier passionnel de l’ours en France. Le 1er juillet 2016, le comité de massif des Pyrénées (une instance de concertation et d’échanges que copréside le préfet) a enfin mis au vote la question du lâcher d’ours. Invités à s’exprimer sur 3 scénarios (voir encadré), les membres présents ont dit oui à égalité aux 2 options les moins ambitieuses. Un coup de théâtre dans cette instance historiquement opposée au plantigrade. Du miel pour les partisans de la réintroduction.

3 scénarios ont été examinés (plusieurs votes possibles, 1 abstention sur 31 votants). Le premier était basé sur les recommandations du Museum national d’histoire naturel: il recommandait le lâcher de 6 femelles (4 voix). Le 2ème privilégiait la «non intervention» (15 voix) quand le 3ème préconisait la réintroduction de 1 à 2 femmes dans la partie occidentale du massif (15 voix).

2 mâles

Y a t-il eu une conversion subite des élus à la cause ursine? Non. C’est le pragmatisme qui l’a emporté chez les élus de la partie occidentale (en Béarn et Hautes-Pyrénées), où ne subsistent encore que 2 mâles. La situation est bien meilleure dans la partie centrale du Massif, avec 25 individus, dont 14 femelles, 7 mâles et 4 de sexe indéterminé, selon le rapport 2015 réalisé par l’équipe ours de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). «Refuser le lâcher aujourd’hui, c’est décider de laisser disparaître une espèce présente depuis 250.000 ans dans les Pyrénées, analyse Alain Reynes, directeur de l'association Pays de l'Ours-Adet. Ca a de quoi donner de le vertige, même à des élus qui ne sont pas forcément favorables à l’ours.»

Ours présidentiel

Maintenant que l’argument de ‘l’opposition locale’ est levé, l’affaire pourrait être tranchée à l’Elysée. «Les deux lâchers de 1996 et 2006 ont été décidés par Mitterrand et Chirac en personne, rappelle Alain Reynes. En 2011, c’est Sarkozy lui-même qui a annulé, sous la pression d’agriculteurs, l’autorisation que venait de signer sa ministre de l’écologie. C’est maintenant à François Hollande de trancher.» Une décision dont les manifestations concrètes –le lâcher d’ours- ne verraient pas le jour avant… le printemps 2017.   

 



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