Hulot veut 50 ours matures dans les Pyrénées

Le 15 mai 2018 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
41 ours ont été recensés dans la partie orientale des Pyrénées.
41 ours ont été recensés dans la partie orientale des Pyrénées.
DR

Il y aura bien un lâcher de deux ourses dans la partie occidentale des Pyrénées. Objectif: atteindre une population d’une cinquantaine d’ours sexuellement matures. L’accompagnement du pastoralisme est renforcé. Avec quels moyens, demande l’association Férus.

Elles arriveront à l’automne 2018. Deux oursonnes seront relâchées dans les Pyrénées occidentales, prévoit le Plan Ours 2018-2028 qui vient d’être discrètement publié par le ministère de l’écologie. Un document qui, lors de sa mise en consultation, avait reçu 6.277 contributions, dont 95% en faveur de la conservation et de la présence de l’ours. «Sa réussite sera à porter au crédit des populations et des responsables pyrénéens, démontrant leur capacité à prendre en compte la biodiversité dans son ensemble, sans choisir entre des espèces souhaitables et des espèces indésirables parmi la faune et la flore pyrénéennes», prévient d’emblée Nicolas Hulot. C’est que les activités pastorales, mais aussi la pratique de la chasse ou la gestion forestière en zone à ours continuent à déchirer les montagnes entre ‘pro’ et ‘anti’.

Déterrage des blaireaux, c’est reparti! Les préfets peuvent, à partir du 15 mai, à nouveau autoriser la ‘vènerie sous terre’, soit le fait d’acculer les blaireaux dans leur terrier à l’aide de chiens, pendant que les veneurs creusent la galerie en aplomb. «Les blaireautins sont vulnérables, en plein sevrage, et que leur dépendance au groupe social se prolongera jusqu’à l‘été», rappelle l’Aspas, qui dénonce le statut de ‘gibier’ de cet animal. Elle demande l’interdiction de ce «plaisir barbare».

La croissance, plutôt que les lâchers

Depuis 12 ans, aucun lâcher n’a eu lieu. Ce qui n’a pas empêché le noyau central de s’agrandir. Selon le dernier rapport du Réseau Ours brun, 41 individus (à 80% âgés de moins de 9 ans) y vivent, dont 7 oursons de l’année (en 4 portées). Dans les Pyrénées occidentales, ils ne sont plus que deux. Deux mâles qui seront, donc, bientôt rejoints par deux femelles. Mais attention, insiste le document: ça n’est pas par le «renforcement» (i.e. le lâcher), mais plutôt par la croissance interne des populations, que pourront se pérenniser les ours pyrénéens, de façon à permettre «une prise en compte progressive de la présence de l’ours dans l’exercice des activités humaines et notamment du pastoralisme.» Seule exception: en cas de disparition d’un ours du fait de l’homme (comme lors de la mort de Cannelle).

50 ours matures

L’objectif de ce plan décennal, c’est de parvenir sur le massif «à une population efficace d’une cinquantaine d’individus sexuellement matures et participant à la reproduction, dont la diversité génétique sera suffisante pour assurer la pérennité de la population sur le long terme, sans avoir, une fois ce niveau atteint, à recourir ultérieurement à d’autres introductions». Un objectif qui satisfait Ferus, qui critique toutefois l’absence d’annonce de financements. «Il est demandé de faire plus avec l’existant», déplore Sabine Matraire, vice-présidente de l’association.

Accompagner le pastoralisme

Des politiques d’accompagnement du pastoralisme en zone de présence des prédateurs ont été menées ces dernières années par le biais de mesures de soutien ou de compensation, rappelle le plan ours. A la lumière de cette expérience passée, il est préconisé d’assurer une meilleure formation (initiale et continue) des bergers à la protection contre la prédation, d’homogénéiser les principes d’indemnisation des dommages, de continuer à promouvoir le triptyque de protection (gardiennage avec regroupement nocturne des animaux, parc de nuit, et chien de protection dans les zones d’éligibilité à la mesure de protection des troupeaux). A l’image de ce qui a été préconisé dans le Plan loup, il est envisagé de mettre en place un réseau de médiateurs pastoraux d’animation, et de bergers experts pour diagnostiquer  et proposer des solutions adaptées aux estives les plus prédatées (et/ou volontaires). Des estives pilotes et des diagnostics pastoraux territorialisés vont être mis en place pour pouvoir d’une part étudier les impacts zootechniques et sanitaires des mesures de prévention, d’autre part valider l’efficacité des mesures nouvelles proposées. Les estives où ces mesures sont inadaptées ou inopérantes vont être recensées. Parmi les autres mesures préconisées: miser davantage sur l’attractivité de l’ours comme argument touristique, afin d’amplifier un mouvement autour de la biodiversité dans les Pyrénées.

 

 



Sites du groupe
Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus