Ours: 20 ans après les premiers lâchers, le plantigrade prend de l’essor

Le 03 mai 2016 par Marine Jobert
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L'ours Pyros a 28 ans.
L'ours Pyros a 28 ans.
©ONCFS / Equipe Ours

C’est grâce aux analyses génétiques des poils et crottes relevés sur le terrain que les ours donnent (involontairement) de leurs nouvelles aux hommes. 20 ans après les premiers lâchers d’ours en France, l’année 2015 leur a été plutôt favorable, comme le détaille le rapport annuel réalisé par l’équipe ours de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), rédigé sur la base des observations de terrain collectées tant sur le versant français qu’espagnol et en Andorre.

 

Au carnet rose de l’année, l’ONCFS annonce au moins trois portées, avec au minimum 6 oursons nés. Certaines naissances recensées en 2015 ont pu toutefois avoir lieu en 2014 car, «avec des mâles reproducteurs plus nombreux, capables de commettre des infanticides pour pouvoir se reproduire à nouveau, les femelles et leurs jeunes se font plus discrets», note France Nature Environnement.

 

En 2015, les prédations confirmées sur les animaux domestiques (c’est-à-dire où la responsabilité de l’ours ne peut être écartée) est de 88 attaques, pour 148 animaux tués ou blessés, et 5 attaques sur les ruchers pour 11 ruches détruites. Un chiffre en baisse notable par rapport aux trois années précédentes. A noter que les départements de l’Aude et des Pyrénées-Orientales n’ont eu aucun dommage, les populations se concentrant dans les Pyrénées centrales, avec une aire de répartition en constante progression.

 

Combien sont-ils? 27 individus, dont 14 femelles, 9 mâles et 4 indéterminés. Une population stable qui, malgré la bonne reproduction constatée en Pyrénées centrales, n’augmente pas. «Même si 2016 confirme, comme c’est probable, qu’il ne s’agit que d’une variation non significative du nombre d’individus détectés dans l’année, cela rappelle la fragilité de la population et la nécessité de poursuivre son renforcement», prévient l’association Férus.

 

L’année 2016 pourrait s’avérer féconde. 6 à 9 femelles sont susceptibles d’avoir eu une portée cet hiver en Pyrénées centrales. En outre, dans le cadre du programme européen Pyroslife, un ours mâle venu de Slovénie devrait être relâché côté catalan durant le mois de mai 2016. Le but de ce nouveau lâcher est de remplacer l’ours Pyros dans son rôle de mâle dominant et de géniteur quasi exclusif. «Cette position de monopole génétique pouvait à long terme poser des problèmes de consanguinité: [il] est le père de presque tous les oursons nés dans les Pyrénées depuis son arrivée en 1997, il s’est reproduit avec ses filles, petites-filles et arrières-petites filles», rappelle Férus. Plus à l’ouest, deux célibataires sont isolés en Béarn et Hautes-Pyrénées. «Ils attendent toujours que les autorités, françaises ou espagnoles, daignent se pencher sur leur sort et leur lâcher quelques femelles… Elles ne viendront pas toutes seules!»

 

 



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