Oui, l’indemnité kilométrique dope les trajets domicile-travail

Le 18 juin 2018 par Marine Jobert
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Au boulot à vélo.
Au boulot à vélo.

L’indemnité kilométrique vélo (IKV) est bien une opération gagnant-gagnant pour l’entreprise, le salarié et les finances publiques. Une étude menée deux ans après les 1ères premières mises en œuvre le démontre.

Effet positif sur la communication de l’entreprise, diminution des coûts du stationnement automobile, gain de pouvoir d’achat des salariés, récupération d’espace confisqué par la voiture, division par deux du nombre de salariés ayant une activité physique insuffisante, réduction des absences... Deux ans après son entrée en vigueur, l’Observatoire de l’IKV dresse un bilan très positif de cette rétribution des kilomètres parcourus à vélo pour se rendre au travail, à l’occasion de la première étude qualitative qu’il lui consacre.

Deux fois plus de cyclistes

Si l’on exclut des 57 structures ayant répondu au questionnaire celles qui sont impliquées dans l’environnement ou le vélo (dont jusqu’à 100% des salariés pédalaient déjà avant), le nombre de salariés qui viennent désormais à vélo passe de 3% à 5%. Soit deux fois plus que la moyenne nationale. «Le cycliste est valorisé: il est passé du statut de ‘le pauvre, il est bien courageux’, à celui ‘qui gagne de l’argent en prenant son vélo’», commente Claudie Tricoire, chargée de mission Développement durable à La Roche-sur-Yon, l’une des communes françaises précurseures en la matière. Et ce à un coût modeste pour les entreprises, qui sont généralement restées dans les clous prévus par la loi, avec une indemnité plafonnée à 200 euros par an et par salarié.

Gains pour la santé

Selon les remarques de plusieurs employeurs, les salariés cyclistes seraient en meilleure santé physique et psychique, le stress lié aux conditions de transport (embouteillages, stationnement) diminuerait, les employés feraient des économies (sur les frais liés à la voiture) et seraient davantage sensibilisés à la réduction des émissions de CO2. Autant de ‘gains’ déjà soulignés dans un rapport rendu fin 2017 à Elisabeth Borne, qui pointait qu’un salarié qui pédale est un salarié en meilleure santé: réduction des absences (-15% des arrêts maladie pour un salarié cycliste), économies de soins pour la Sécurité sociale (126 €/an/personne), amélioration de la productivité des salariés grâce au bien-être, division par deux du nombre de cancers pour les cyclistes réguliers...

Au milieu du gué

«Nous avons un peu le sentiment d’être au milieu du gué comparé au dispositif qui existe chez nos voisins néerlandais depuis 22 ans et belges depuis 18 ans», déplore Pierre Serne, le président du Club des villes et territoires cyclables. Et de souligner à quel point «le potentiel de la mesure est considérable tant pour l’augmentation de la part modale du vélo que pour la compétitivité des entreprises». Ce coup de projecteur sur les bienfaits de l’IKV pourra être très instructif alors que s’arbitrent toujours les priorités budgétaires de la loi sur les mobilités (LOM), qui ne devrait être présentée qu’après les vacances d’été.

 



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