Ouganda: la fin du ban pour la banane OGM ?

Le 09 mars 2011 par Geneviève De Lacour
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Son nom de code est BXW. Aussi appelée Xanthomonas, la bactérie s’attaque aux vergers en Europe, mais surtout ravage les plantations de bananes en Ouganda. «Le Xanthomonas met en péril la vie de millions d’agriculteurs qui s’appuient sur la culture de la banane pour survivre», selon un article paru l’année dernière dans la revue Molecular Plant Pathology. Le Xanthomonas contamine aussi les sols.

Aucune variété ne résiste à cette peste végétale et aucun traitement chimique n’est efficace. Les producteurs de banane ougandais sont donc obligés de détruire une grosse partie de leur récolte. La maladie étant transportée par les abeilles et les guêpes, peu de régions ont réussi à échapper à la peste. Au centre du pays, le BXW a atteint 80% des récoltes.

Mais les scientifiques n’ont pas renoncé à trouver une solution. Un article du Guardian d’aujourd’hui 9 mars relate le travail d’une équipe de scientifiques du National Banana Research Programme (Programme national de recherche sur la banane) dirigée par Wilberforce Tushemereirwe. Les chercheurs essayent de créer une banane résistante à la maladie en rajoutant le gène du poivron à celui de la banane.

Les tests en laboratoire sont prometteurs puisque 6 des 8 souches sont résistantes à 100% au BXW. Les tests dans les champs ont commencé. Les résultats de cette étude sont attendus pour la fin de l’année.

Si les résultats sont concluants, l’Ouganda risque de connaître un grave problème réglementaire puisque dans ce pays, les cultures génétiquement modifiées sont interdites. Pour conduire leurs travaux et réaliser les premiers tests, les scientifiques ont dû obtenir une permission spéciale. Wilberforce Tushemereirwe explique: «Si nous ne faisons rien, la culture de la banane va lentement disparaître d’Ouganda."

Leena Tripathi, biotechnicienne de l’International Institute for Tropical Agriculture (Institut International pour l’agriculture tropicale, IITA), affirme que le fait d’avoir introduit ce gène «n’affecte pas la qualité de la banane et ne présente pas de risque pour la santé de ceux qui la consomment».

L’opposition aux cultures OGM serait plus forte chez les élites du pays que chez les villageois, selon une étude réalisée par Enoch Kikulwe, assistant professeur en économie internationale à l’université de Göttingen, en Allemagne. Mais pour celui qui a faim, le choix est facile. En attendant, le chemin reste long pour obtenir l’autorisation des autorités ougandaises de production.



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