Ouessant: dépollution d’une épave de 27 ans

Le 22 mai 2006 par Christine Sévillano
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La Marine nationale dépollue actuellement l’épave d’un navire qui s’est échoué en 1979. Une opération nécessaire suite à l’observation de traces de pollution aux hydrocarbures restés dans les cuves du bateau.

Depuis le 9 mai, la préfecture maritime de l'Atlantique, basée à Brest (Finistère), procède au large de l'île d'Ouessant à la dépollution d'une épave de 27 ans, suite à des rejets ponctuels d'hydrocarbures. Le 15 novembre 1979, le Peter Sif, navire danois de 98 mètres de long qui transportait du vrac et notamment des machines-outils, s'est échoué suite à des conditions météorologiques défavorables, laissant pleines les cuves de gasoil de propulsion, un carburant alors nécessaire à son fonctionnement. L'épave se dégradait lentement en milieu sous-marin, mais des irisations d'hydrocarbures ont commencé à poindre, obligeant l'administration à intervenir dès 1999 avec une première opération de dépollution permettant la récupération de 120 tonnes de carburant.

Depuis 2003, de nouvelles traces de pollution de l'épave, qui gît à 57 mètres de profondeur, ont poussé les autorités à une opération de plus grande ampleur: le vidage complet des cuves par pompage, soit entre 100 et 300 mètres cubes d'hydrocarbures. «Il n'existe pas à proprement parler de risque environnemental ni sanitaire pour la population. Mais cette pollution est gênante car voyante, et sous forme de nuisances continues, un problème pour cette zone dont la faune et la flore sont splendides», explique Sylvain Le Berre, chargé de la communication de la préfecture maritime.

Les conditions de dépollution sont particulières. Les plongeurs de la Marine nationale spécialisés dans les travaux de déminages et d'autres activités sous-marines de dépollution doivent prendre en compte un risque de rupture des cuves de pétrole. Des barrages flottants anti-pollution, soit 800 mètres de boudins, ont été installés tout autour de la zone de travail afin de la saturer préventivement en cas de dégagement de carburant. Autre difficulté majeure: l'utilisation du matériel des plongeurs près des hydrocarbures. Le mélange à base d'oxygène et d'hélium contenu dans les bouteilles de plongée nécessaire à la respiration des plongeurs ne doit pas rentrer en contact avec le carburant piégé à cause du risque d'explosion. Par conséquent, les plongeurs sont reliés à la surface par un cordon pour pouvoir respirer, ce qui rend plus difficile l'exécution de leurs tâches et nécessite des conditions météorologiques favorables, dénuées de vent. Ainsi la météo s'est dégradée ces derniers jours, impliquant l'arrêt ponctuel des opérations.

Les travaux de dépollution n'inquiètent pas l'armateur de l'époque puisque la réglementation, qui a évolué ces trois dernières décennies vers une plus grande responsabilisation des armateurs, ne s'applique pas rétroactivement. Ces travaux sont financés par la Marine nationale et devraient s'élever à plusieurs milliers d'euros, certains évoquant même le chiffre de 30.000 euros. Dans le cadre de luttes anti-pollution, la Marine intervient souvent lors de grandes catastrophes comme les naufrages de l'Erika et du Prestige, mais aussi pour des opérations plus légères et régulières comme la récupération de conteneurs.




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