Où va l’argent du climat?

Le 26 juillet 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'essentiel des fonds prêtés par l'IDFC vont aux énergies renouvelables.
L'essentiel des fonds prêtés par l'IDFC vont aux énergies renouvelables.

Les banques de développement ont consacré, en 2011, 89 milliards de dollars à la lutte contre le changement climatique. Important, mais très loin du compte.

C’est la question à plusieurs milliards d’euros. A quoi sert l’argent levé pour lutter contre le changement climatique? Interrogation légitime, tant les montants et les enjeux sont importants, mais à laquelle il est difficile de trouver une réponse simple. Le Club international de la finance pour le développement (IDFC) vient d’apporter sa contribution au débat.

Dans un rapport, publié mercredi 25 juillet, ce récent réseau de banques d’aide au développement (parmi lesquelles on trouve l’AFD française, la KfW allemande, la BNDES brésilienne ou la Vnesheconombank russe) dresse une cartographie de ce qu’il connaît le mieux: les fonds versés par ses membres à des fins climatiques.

Et en la matière, la force de frappe financière des 19 membres de l’IDFC n’est pas négligeable. L’an passé, leur contribution à la cause carbonique a atteint 89 milliards de dollars (73 milliards d’euros), en progression de 13% en un an. Cela n’a rien de surprenant de la part d’établissements financiers pour lesquels la croissance verte et la protection du climat font désormais figure de priorité.

Sur ce total, 83% ont été consacrés au développement des techniques permettant de diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES), 10% à l’adaptation. Le solde ayant été alloué à d’autres types de projet, la gestion de l’eau, en particulier.

Dans le premier lot, ce sont les énergies renouvelables (ENR) et l’efficacité énergétique (dans le tertiaire et l’industrie) qui se taillent la part du lion: 81% du total.

L’agriculture et la protection des écosystèmes consomment 47% des prêts dédiés à l’adaptation, contre19% pour le renforcement des infrastructures.

Que penser de ces données un peu brutes?

D’abord, que la source des financements climatiques est diverse. Il n’y a pas que les états (du Nord, si possible), les agences onusiennes ou la Banque mondiale à pouvoir financer champs d’éoliennes, projets MDP ou systèmes de valorisation du biogaz de décharge.

Les banques de développement apportent aussi leur pierre à l’édifice. Ce qui est plutôt de bon augure. Car nombre de pays industrialisés se demandent toujours comment financer les engagements pris lors de la conférence climatique de Copenhague: 100 Md$ (81 Md€) à apporter, chaque année, aux pays en développement dès 2020.

Autre bonne nouvelle, les établissements financiers du Nord ne sont plus les seuls à pouvoir allonger la monnaie: 49% des montants prêtés par les membres de l’IDFC l’ont été par des établissements de pays hors-OCDE.

Question: tout cela est-il bien à la hauteur de l’enjeu? A l’évidence, non. En 2006, le rapport Stern estimait qu’il fallait investir l’équivalent de 1% du PIB mondial pour «éviter les pires conséquences des changements climatiques».

Or nous en sommes assez loin. Même si une comptabilité précise des projets à vocation climatique semble hors de portée (de la rédaction du JDLE, en tout cas), on peut tout de même recenser les grandes masses.

Dans une note mise en ligne en mai dernier, la Banque mondiale faisait une estimation de la santé de la finance carbone pour 2011. Pour marginale qu’elle soit (la totalité des montants échangés sur tous les marchés est estimé à 10.000 Md$ -8.115 Md€- par jour!) la finance carbone a pesé, l’an passé, 176 Md$ (142 Md€), en progression de 11% par rapport à 2010. Les échanges réalisés au sein du système européen d’échange de quotas d’émission (ETS) représentent 84% de ce pactole.

La banque de Washington remarque que les marchés des unités de réduction certifiées d’émission et des unités de réduction d’émission (URCE et URE, les unités de compte du mécanisme de développement propre et de la mise en œuvre conjointe, deux mécanismes du protocole de Kyoto) ont représenté, l’an passé, 23 Md$ (19 Md€). Ce qui signifie que des investisseurs des pays les plus industrialisés ont investi, au moins autant, dans des projets permettant d’abattre les émissions de GES.

Au final, l’investissement mondial dans la «mitigation» ou l’adaptation se compte en dizaines de milliards de dollars par an. En reprenant les ratios de Nicholas Stern, il faudrait y consacrer 700 Md$ (568 Md€) par an pour avoir une chance raisonnable de stabiliser à moyen terme l’envolée des températures. Encore un effort.



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