OSPAR: moins des rejets radioactifs dans l’Atlantique Nord-Est

Le 06 juillet 2016 par Marine Jobert
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La Hague, principale source de tritium française.
La Hague, principale source de tritium française.
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Centrales nucléaires, centres de retraitement des combustibles usés, unités de recherche sont autant de sources de rejets dans le milieu naturel, y compris dans la mer. La Convention pour la protection du milieu marin de l’Atlantique Nord-Est surveille ces rejets de substances radioactives, qui sont globalement en baisse.

 

Quels progrès ont réalisé les 15 Etats signataires de la Convention pour la protection du milieu marin de l’Atlantique Nord-Est (Ospar) en matière de réduction des rejets de substances radioactives dans l'Atlantique du Nord-est? C’était l’un des points clés de la réunion annuelle des parties, qui s’est tenue à Tenerife (Maroc) le 27 juin dernier. En ligne de mire: les installations de production de combustible et d’enrichissement, les centrales nucléaires, les sites de reconditionnement de combustible et les centres de recherche.

Ce sont les rejets autorisés par les autorités nationales qui sont comptabilisés par l’Ospar, après avoir été transmis par les opérateurs à l’autorité de sûreté nucléaire (ASN). Si aucun rejet accidentel n’est rapporté, il peut y avoir des rejets «exceptionnels», lors d’opérations de démantèlement par exemple. Certains pays font le choix de ne pas en faire état. Est-ce un manquement à la Convention? Le sujet est encore débattu, officiellement par crainte de dissuader certains Etats de démanteler leurs installations.

Faibles incidences

Les données de concentration dans l'environnement n’ont pas été prises en compte dans cette évaluation, pour se concentrer sur les rejets radioactifs[1]. «Car si [ces derniers] diminuent, il n’y a pas de raison que les concentrations et les impacts sur les organismes vivants aient augmenté», explique Bruno Fiévet, ingénieur au laboratoire de radioécologie de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) de Cherbourg-en-Cotentin. Et bonne nouvelle: les rejets sont globalement en baisse. CQFD: «on s'attend à voir de faibles incidences radiologiques de ces rejets sur l'homme et sur le biotope marin», précise le secrétariat de l’Ospar, qui s’était intéressé aux organismes vivants dans sa dernière évaluation et y consacrera son prochain opus.

Manque de données

La majorité des évaluations (40 sur 58) conduites à travers les sous-secteurs nucléaires[2] indiquent des «réductions substantielles des rejets par rapport à la période de référence (...) Aucune des évaluations conduites (…)  n'a apporté de preuves établissant une augmentation de rejets quelconques.» Les rejets du secteur non nucléaire, et notamment le sous-secteur pétrolier et gazier, restent plus délicats à quantifier. Car si un volume suffisant de données sont disponibles à partir de 2005 sur la radioactivité des eaux de process rejetées en mer, plusieurs années supplémentaires seront encore nécessaires avant de pouvoir faire une comparaison valable des rejets avec la période de référence agréée. Parmi les éléments recherchés, on trouve l’uranium 235, le Cobalt 60, le tritium, le Césium 137, le plutonium 239 et 240 ou encore le technetium 99. «On ne regarde pas tous les radionucléides rejetés par les industriels. On se concentre sur des ‘radionucléides indicateurs, pour connaître l’évolution globale des rejets», précise Bruno Fiévet.

Tritium en force

«Les rejets de tritium n’ont pas diminué, observe celui qui siège, pour l’IRSN, à la délégation française auprès de la Convention Ospar. Ces radionucléides, que les procédés industriels ne savent retenir et qui finissent immanquablement dans le milieu naturel, signent la production d’électricité. Et ils ne diminueront pas prochainement, sauf à arrêter les centrales nucléaires et les usines de recyclage de combustible.» Haro sur le France (et la Grande-Bretagne, dans une moindre mesure), plus grande émettrice de tritium? «Ca n’est pas l’esprit d’Ospar, l’objectif n’est pas de faire de concours, mais d’inciter à mettre en œuvre les meilleures techniques disponibles», précise Bruno Fiévet. Et comment expliquer les baisses des rejets? «Les rejets des centrales nucléaires n’ont pas diminué mais représentent une part minime. Ce sont de nouveaux procédés mis en œuvre à l’usine de La Hague et la baisse des activités de l’usine de Sellafield (GB) qui expliquent l’essentiel de la baisse.» Concrètement, la partie liquide issue des processus de retraitement était relarguée à la mer; ce n’est plus le cas aujourd’hui, assure l’ingénieur.

 


[1] Les chiffres de la période choisie pour l'évaluation (2007-2013) ont été comparés aux données correspondant à la période de référence 1995-2001.

[2] Production de combustible et enrichissement, centrales nucléaires, reconditionnement et unités de recherche & développement.

 

 



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