Oslo condamnée à importer des déchets

Le 30 avril 2013 par Stéphanie Senet
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L'usine d'incinération de Klemetsrud, à Oslo
L'usine d'incinération de Klemetsrud, à Oslo

La ville d’Oslo importe des déchets d’Irlande, d’Angleterre, et de Suède, révèle un article publié le 29 avril dans le New York Times. Une nouvelle démonstration de la surcapacité actuelle des incinérateurs européens, déjà observée au Danemark, au Luxembourg, en Suède et aux Pays-Bas (voir JDLE).

Alors que la moitié de la capitale de la Norvège se chauffe avec des déchets, issus des ménages, des industriels et des hôpitaux, un problème se pose de plus en plus sérieusement: la demande de résidus y est supérieure à l’offre.

«Ce problème n’est pas spécifique à Oslo mais est généralisé en Europe du Nord, où des investissements massifs ont été réalisés pour développer l’incinération comme moyen de production de chaleur et d’électricité», explique Pal Mikkelsen, l’ancien directeur de l’Agence d’Oslo pour les déchets et l’énergie. Selon lui, la population d’Europe du Nord produit environ 150 millions de tonnes de déchets par an alors que les capacités d’incinération s’élèvent à 700 millions de tonnes, soit près de 5 fois plus. Et la Suède continue de construire des incinérateurs, comme d’ailleurs l’Allemagne, l’Autriche ou la France.

Stockholm a notamment convaincu plusieurs municipalités norvégiennes de récupérer leurs déchets, qui sont transportés par bateau ou camion. Une partie des déchets britanniques sont de leur côté envoyés à Oslo, parce que le coût du transport et du traitement se révèle, in fine, moins onéreux que la taxe locale sur l’enfouissement, selon Donna Cox, porte-parole de la ville de Leeds.

Autre flux observé en Europe: les déchets napolitains alimentent les incinérateurs d’Allemagne ou des Pays-Bas (voir JDLE).

Si au départ, les pays nordiques ont investi dans l’incinération pour développer les énergies renouvelables, cette addiction aux déchets est devenue problématique sur le plan environnemental. «Aussi longtemps qu’il y aura cette surcapacité, il existera une pression pour produire toujours plus de déchets», alerte Lars Haltbrekken, directeur des Amis de la Terre Norvège. «Au contraire, la prévention des déchets devrait être la priorité. La situation actuelle n’est pas viable à long terme», poursuit-il.

 



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