Ortolans: la France sommée par Bruxelles de s’expliquer

Le 05 mars 2013 par Marine Jobert
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Le bruant ortolan, dont l'avenir est désormais entre les mains de l'Union européenne.
Le bruant ortolan, dont l'avenir est désormais entre les mains de l'Union européenne.
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Inscrit depuis 1999 sur la liste des espèces protégées –sous la pression de l’Europe, déjà- le bruant ortolan continue à être chassé dans le Sud-ouest du pays. La France a déjà été condamnée deux fois par la Cour européenne de justice; en 1988 pour la non-protection de ce passereau migrateur qui fait les délices de quelques tables landaises, puis en 1999 pour mauvaise foi avérée, avec une astreinte de 142.425 euros par jour. C’est dans ce contexte de braconnage et d’inaction des pouvoirs publics que la Commission européenne a été saisie par l’Association de protection de la faune sauvage (Aspas). Après un échange de courriers entre Bruxelles et Paris pendant près d’un an, la Commission européenne a estimé qu’elle disposait d’assez d’informations alarmantes pour mettre la France en demeure de s’expliquer. Paris a jusqu’au 25 mars pour présenter ses observations.

 

«Il est de notoriété publique qu’il existe un pacte de tolérance entre la fédération des chasseurs des Landes et les autorités françaises, qui 'autorisent' les braconniers à tendre leurs matoles (pièges supposés traditionnels)», écrit l’Aspas, qui a annoncé avoir communiqué des éléments de preuve à la Commission européenne. «Quelque 50.000 ortolans seraient ainsi braconnés chaque année dans ce département, soit 10 fois plus que la population totale de l’espèce en Allemagne, Hollande et Belgique réunies!».

 

Dans «Le livre noir de la chasse»[1], Pierre Athanaze, président de l’Aspas, décrit avec force détails comment ces oiseaux d’une vingtaine de grammes, une fois attrapés à l’aide de cages, sont ensuite engraissés pendant trois à quatre semaines, dans le noir complet, pour être finalement noyés dans un verre d’Armagnac. Prix de vente: une centaine d’euros. Nombre de pratiquants: environ 2.000 chasseurs, avec lesquels l’Etat compose, alternant saisies et inaction. «Ce sont entre 5 et 12 millions d’euros d’argent sale qui transitent en quelques semaines de gastronomes à braconniers!», écrit Pierre Athanaze. Un représentant des chasseurs du Sud-ouest, interrogé par le journal Sud-Ouest, reste quant à lui confiant dans le soutien de l’Etat: «C'est l'occasion pour l'Etat français de prendre cette dérogation que l'on réclame depuis août 2010».



[1] Editions Sang de la Terre

 



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