Ortolan: fin de la procédure d’infraction contre la France

Le 15 novembre 2017 par Marine Jobert
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La fin du braconnage pour les ortolans?
La fin du braconnage pour les ortolans?
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Bruxelles estime que Paris a mis fin à la politique de clémence observée dans le braconnage de cette espèce sur le déclin. Un message politique fort, mis en musique par des sanctions pénales rédhibitoires, ont tari un trafic présenté comme une coutume locale dans les Landes.

La France, terre d’accueil pour les ortolans? La Commission ne semble plus considérer que ces oiseaux de quelques grammes, dont la population européenne a diminué de 84% entre 1980 et 2012, y sont encore en danger, puisqu’elle a annoncé ce 14 novembre s’être désistée de la procédure d'infraction ouverte contre la France. Raison invoquée: Paris «se conforme à la législation de l'UE sur la protection des oiseaux sauvages».

Victoire au goût amer

C’est que le gouvernement a récemment changé son fusil d’épaule vis-à-vis des fous de la matole. En août 2017, Nicolas Hulot donnait instruction au préfet des Landes de «renforcer toutes les mesures de surveillance, de contrôle et de verbalisation, tant à l’égard des braconniers que des intermédiaires qui se livreraient à un trafic, et de n’accorder, comme l’année précédente, aucune tolérance aux pratiquants». Dans les prétoires, la peur a changé de camp: les condamnations pour braconnage se sont succédé à un rythme et avec une fermeté inédits jusque-là. «La magistrature n’a pas démérité, estime Allain Bougrain-Dubourg. J’ai en mémoire toutes les affaires classées, alors que les braconniers avaient des centaines d’oiseaux dans leur congélateur…» Le président de la Ligue pour la protection d’oiseaux (LPO), qui n’a pas ménagé sa peine pour délivrer les bruants capturés avant engraissement, parle aujourd’hui de «victoire au goût amer, car il s’agissait tout bêtement de faire appliquer la loi. Le respect du droit est la première marche de résilience du vivant.»

Trop chers oiseaux

Craint-il une recrudescence des captures illégales, maintenant que la France voit s’éloigner une amende de plusieurs millions d’euros? Non, estime Allain Bougrain-Dubourg, qui en veut pour preuve l’exemple des tourterelles du Médoc. «Un fonds solidaire avait été créé pour régler les condamnations, raconte t-il. Le jour où il a été épuisé et que les braconniers ont dû payer individuellement, les choses se sont arrêtées en trois ans.» A 100-150 euros l’ortolan, quand on risque une amende d’au moins 1.000 €, il y a de quoi y réfléchir à deux fois. Cependant, le sort du pinson dans les Landes continue à l’inquiéter. Des contrôles sont en cours.

 

 

 



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