Origine du poisson: la génétique contre les fraudeurs

Le 30 mai 2012 par Romain Loury
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des marqueurs génétiques permettent d'identifier la provenance des poissons
des marqueurs génétiques permettent d'identifier la provenance des poissons

Une équipe britannique a mis au point une technique génétique permettant de déterminer l’origine géographique du poisson, ce qui permettrait de lutter contre la surpêche et l’étiquetage frauduleux.

Environ un cinquième des poissons pêchés le sont de manière illégale, au mépris des quotas imposés afin de préserver les stocks. Et ce malgré les certificats en vigueur dans l’Union européenne, attestant de l’origine géographique. D’où l’urgence de meilleures méthodes de contrôle.

La solution pourrait venir de la génétique, selon l’étude que vient de publier le consortium européen de recherche FishPopTrace dans la revue Nature Communications, et menée sur 4 espèces de poissons (morue, hareng, sole, merlu). Les chercheurs sont parvenus à identifier correctement l’origine géographique de 93 à 100% des individus, grâce à des marqueurs génétiques, les Single Nucleotide Polymorphisms (SNPs).

Utilisés, entre autres, afin d’identifier chez l’homme des gènes de prédisposition aux maladies, les SNPs, variations ponctuelles de l’ADN, diffèrent selon les populations d’une même espèce. Le résultat de l’évolution, qui exerce une pression de sélection sur les individus, selon les conditions naturelles de l’habitat.

Avec quelques dizaines de SNPs, les chercheurs sont parvenus à déterminer avec justesse l’origine de ce pourcentage élevé de poissons -les quelques ratés étant probablement liés à des individus ayant migré. Les résultats étaient corrects pour la totalité des harengs de l’Atlantique Nord-est, pour 98% de ceux de la mer du Nord, pour 99% des merlus de la Méditerranée et pour 99% de ceux de l’Atlantique.

Analyser quelques SNPs sur un nombre important de poissons permettrait ainsi de déterminer les sources d’une pêcherie. Ce type de contrôle, efficace aussi sur du poisson transformé, s’appuierait sur une base de données, à réactualiser à certains intervalles de temps, selon la vitesse de l’évolution et les migrations individuelles.

Grâce aux progrès techniques du séquençage, «tout laboratoire de génétique moléculaire raisonnablement bien équipé peut désormais analyser plusieurs centaines de poissons par jour, jusqu’à 100 SNPs par test, pour moins de 25 dollars [20 euros] par individu», commentent les chercheurs.

Fin avril, l’alliance Ocean2012, qui regroupe des ONG militant pour une pêche durable, a dénoncé un étiquetage trop souvent erroné, afin de vendre plus cher du poisson de moindre qualité, comme du merlu africain au lieu du merlu européen (voir le JDLE).

 



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