Origine de la viande transformée: la démarche volontaire, peu convaincante

Le 11 décembre 2013 par Romain Loury
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Au fait, d'où viens-tu, toi ?
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L’indication de l’origine de la viande de bœuf dans les plats cuisinés laisse à désirer, malgré les engagements pris par plusieurs industriels dans la foulée de l’affaire de la viande de cheval, selon une enquête publiée le 9 décembre par l’UFC-Que Choisir.

Sans attendre que l’Europe se décide à agir, plusieurs industriels ont annoncé, dès février, leur volonté d’indiquer l’origine de la viande de bœuf dans leurs plats cuisinés. Une demande soutenue par le consommateur, mais qui demeure en grande partie lettre morte, si l’on en croit les résultats de l’enquête menée par l’UFC-Que Choisir.

Dix mois après l’affaire de la viande de cheval, seuls 38% des produits contrôlés par l’association de consommateurs mentionnent l’origine de la viande. Et comme par hasard, il se trouve que celle-ci était française dans tous les cas! Ce qui fait plutôt penser à un argument de vente qu’à une information claire du consommateur.

L’UFC-Que Choisir évoque d’autres mentions, telles «Pur bœuf», «Transformé en France», «Riche en bœuf» ou encore «Viande contrôlée avec soin». «Dans 70% des cas, les produits arborant ces mentions valorisantes ne donnent aucune indication sur la provenance de la viande. Il apparaît donc que ces ‘accroches’ marketing sont surtout des ‘cache-misère’ pour faire oublier l’absence d’étiquetage de l’origine», juge l’association.

Les produits au rayon frais sont ceux qui portent le plus souvent la mention d’origine (74%), devant les surgelés (48%), loin devant les barquettes à température ambiante (21%) et les sauces bolognaises en bocal de verre (17%). Les marques de distributeurs Picard et Auchan sont ceux qui mentionnent le plus souvent l’origine de la viande (83% et 78% des produits respectifs). Quant aux marques nationales, une mention d’origine n’a été retrouvée que chez Panzani, Marie, Fleury-Michon et Findus.

La Commission peu favorable

Du côté de Bruxelles, le dossier a du mal à avancer, en raison de la réticence de la Commission européenne vis-à-vis d’un tel étiquetage. Actuellement discuté à l’Assemblée nationale, le projet de loi de consommation rend obligatoire la mention de l’origine géographique de toutes les viandes, brutes ou transformées, suite à un amendement introduit au Sénat (voir le JDSA). Seul problème, cette mesure ne sera applicable qu’une fois déclarée, par la Commission, compatible avec le droit européen.

La question de l’origine géographique semble bien plus avancée pour la viande brute: jusqu’alors obligatoire seulement pour le bœuf, cette mention va être étendue aux viandes porcine, de volaille, ovine et caprine à compter du 1er avril 2015, a annoncé la Commission jeudi 5 décembre.

 



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