ONF: Bertrand Munch validé in extremis par le Parlement

Le 12 décembre 2019 par Romain Loury
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A l'ONF, un directeur pour sortir de la crise
A l'ONF, un directeur pour sortir de la crise

Bertrand Munch, proposé début novembre à la direction générale de l’Office national des forêts (ONF) par l’Elysée, a passé son oral de justesse devant le Parlement, mercredi 11 décembre. Reconnaissant ne pas être un expert des forêts, il a mis en avant son «expérience» et sa «motivation».

Issu du corps préfectoral, Bertrand Munch, est depuis 2014 le directeur de l’information légale et administrative (DILA), placée sous l’autorité du premier ministre. Créée en 2010, cette direction est née de la fusion de la Documentation française et de la direction des Journaux officiels.

Son expérience forestière semble pour le moins ténue, se limitant à avoir connu «ses propres arbres atteints par le réchauffement climatique, atteints par des maladies, mourir, tomber (…) c’est des choses qu’on n’oublie pas», a-t-il déclaré mercredi 11 décembre devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale[i]. Peut-être plus utile dans les fonctions auxquelles l’Elysée le destine, son expérience de directeur financier du ministère de l’intérieur.

Un organisme aux crises multiples

L’ONF connaît en effet une profonde crise financière, mais aussi sociale, de gouvernance et existentielle, comme l’a rappelé le rapporteur Nicolas Turquois, député Modem de la Vienne: endettement frôlant les 400 millions d’euros, fonte des effectifs, conflits aigus entre l’ancien directeur Christian Dubreuil (parti en janvier) et les syndicats, mais également crise de la filière bois, réchauffement climatique et scolytes. Sans oublier des relations difficiles avec les communes forestières.

«Il n’y a pas de méthode préfabriquée, pas de recette», reconnaît Bertrand Munch, qui reconnaît la nécessité d’un dialogue préalable avec le personnel de l’ONF. Il a tout de même survolé plusieurs pistes, contenues dans le rapport rendu fin au juin au gouvernement. Parmi elles, une baisse des coûts de fonctionnement, une optimisation des recettes et une filialisation des activités concurrentielles.

Malgré des interventions très ‘profil bas’, écartelées entre impératifs financiers et volonté d’apaisement social, Bertrand Munch semble avoir peiné à convaincre. Il est d’ailleurs passé de justesse: sur les 58 suffrages exprimés des deux commissions des affaires économiques, 24 étaient pour, 34 étaient contre[ii]. A 35 voix contre, soit plus de trois cinquièmes des voix, l’Elysée aurait dû proposer un autre candidat.



[i] Il avait été auditionné le matin même devant la même commission du Sénat.

[ii] Selon le détail des votes livré par l’Agence France-Presse (AFP), il a mieux convaincu à l’Assemblée: 21 voix pour, 8 voix contre, 2 abstentions et un bulletin nul. Devant la commission des affaires économiques du Sénat, il n’a obtenu que trois voix pour, avec 26 voix contre et 3 bulletins blancs.