On respire plutôt mieux dans les écoles d’Ile-de-France

Le 11 mars 2020 par Victor Miget
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Encore 350 établissements dépassaient les limites légales de dioxyde d'azote (NO2) dans Paris.
Encore 350 établissements dépassaient les limites légales de dioxyde d'azote (NO2) dans Paris.

Respire a publié, mardi 10 mars, une carte de la pollution de l’air à proximité des crèches, écoles, collèges et lycées franciliens. Bonne nouvelle, ça va mieux. Du moins, pour certains types de polluants.  

 

Ce sont les parents qui vont être contents ! Selon une carte publiée par l’association Respire, l’air s’améliore au-dessus des établissements scolaires franciliens. «Nous avons croisé les données fournies par Airparif (ndlr) avec la carte des établissement scolaires. La qualité de l’air s’est améliorée globalement. On l’observe depuis plusieurs années de façon constante»,se félicite Olivier Blond, président de Respire.

Automobile et report modal

Selon les données de 2018 (les dernières disponibles), 350 établissements dépassaient les limites légales de dioxyde d'azote (NO2) dans Paris, 104 dans la petite couronne, et 13 dans la grande couronne. C’est nettement mieux qu’en 2017 (les bilans climatiques entre 2017 et 2018 étaient relativement proches). Cette année-là, 643 établissements étaient soumis à des dépassements de seuil. «Sur la durée de la mandature, de 2014 à 2018, le nombre d’établissements dépassant les seuils légaux de NO2 passe de 1.140 à 350 sur Paris. Il passe de 311 à 104 dans la petite couronne, de 28 à 13 sur la grande couronne», précise un communiqué de l’association.

Ces diminutions s’explique par la diminution du trafic automobile et le changement du parc. «La baisse de la circulation est de l’ordre de 17% à Paris sur les 5 dernières années. Cette diminution est corrélée à la diminution de la pollution. Il faut ajouter à cela une amélioration de l’efficacité des véhicules neufs et une part de plus en plus importante de voitures essence qui émettent moins de particules», détaille Olivier Blond.

Quid des particules ultrafines ?

Concernant l’exposition aux particules fines, tous les établissements sont en dessous des seuils légaux. Mais, au regard des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) 100% des établissements restent exposés à des valeurs supérieures pour les PM2.5 et 78% pour les PM10 à Paris, 100% pour les PM2.5 et 35% pour les PM10 en petite couronne rappelle Respire.

Pour l’association, il faut poursuivre la diminution du trafic aux abords des écoles. Elections municipales obligent, les candidats plébiscitent désormais la piétonisation de certaines rues, la création de zones à circulation douce, des rues aux enfants, l’installation de stationnement pour les vélos, la construction de ralentisseurs, la réduction de la circulation de transit, la végétalisation des abords des écoles, des audits de qualité de l’air, etc.

Reste une inconnue de taille: la concentration en particules ultra fines (moins de 0,1 micron ?m). «Actuellement ne sont mesurées que les particules fines, donc PM10 et 2.5. Mais pas les particules ultrafines», alerte Olivier Blond. Pourtant, leur dangerosité n’est plus à prouver.

Les progrès sont à venir.  «Depuis la fin de l’année 2019 nous mesurons les particules ultrafines à Paris centre (les halles ndlr). Nous travaillons à la récolte de données qui seront ensuite diffusées» indique Pierre Perlot, ingénieur à Airparif. Puis la concentration en particules ultrafines sera mesurée près de points sensibles comme les aéroports, les axes routiers etc. «Cela renseignera au mieux les sources de ces polluants, en fonction de leur taille, leurs sources, ce également afin d’établir plus précisément les risques sanitaires». Autant d’informations qui viendront nourrir une grande étude menée sur le sujet annonce Airparif.