On n’enterre pas les industries extractives

Le 06 décembre 2016 par Marine Jobert
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La mine de Salsigne.
La mine de Salsigne.
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Les Amis de la Terre publient un rapport qui analyse le rapport de forces économique, politique et social à l’œuvre autour de l’extraction d’hydrocarbures et de minerais en France. Un état des lieux intéressant, alors que plusieurs candidats à l’élection présidentielle sont favorables au renouveau de l’industrie extractive hexagonale.

La France a très peu de pétrole, mais une idée fixe: l’exploiter. C’est la démonstration que tentent les Amis de la Terre (AT) France dans un rapport intitulé «Creuser et forer: pour quoi faire?», dans un contexte particulier: la révision du Code minier n’aboutira pas avant la fin de la mandature, alors que la prochaine élection présidentielle pourrait porter au pouvoir un président favorable à l’extraction. Tout serait alors prêt pour ouvrir une nouvelle ère ‘extractiviste’, estime l’association, qui démonte chacun des arguments en faveur d’un renouveau des mines et des puits d’hydrocarbures.

132 demandes en attente

Aujourd’hui, 132 demandes de permis d’exploration pour des hydrocarbures prennent la poussière à Bercy, depuis la fronde de 2011 contre les gaz et pétrole de schiste et l’interdiction de la fracturation hydraulique. «Ils peuvent ressortir à tout moment des tiroirs, redoute Juliette Renaud, des Amis de la terre. Ségolène Royal a dit qu’elle ne délivrerait aucun permis et rejetterait toutes les demandes de prolongation: alors qu’elle aille jusqu’au bout et qu’elle les rejette tous.» Restent les 55 permis d’exploration aujourd’hui opérationnels, dont certains ont été délivrés à des entreprises «qui n’ont ni d’expérience directe dans le domaine pétrolier, ni les capacités financières de remettre des sites en état ou de faire face à d’éventuels accidents», dénonce l’association. Ainsi La Française de l’énergie, titulaire de deux permis pour du gaz de houille en Lorraine, qui s’est récemment essayée à une entrée en bourse délicate.

Les Amis de la Terre sont très critiques sur le projet de réforme du Code minier. Ils lui reprochent l’absence de concertation du public en amont et d’enquête publique lors de la demande d’un permis d’exploration, où se décident pourtant l’avenir du projet minier. La procédure renforcée d’information et de consultation prévue est facultative, et on ignore qui seraient exactement les «populations locales concernées» qui seraient consultées. L’opérateur minier ne serait pas tenu de désigner clairement la technique qui serait utilisée, ni de préciser les substances émises ou injectées dans le sous-sol pour les activités minières. Enfin, la réparation des dégâts sociaux-environnementaux est jugée «totalement insuffisante», car seuls les dommages sur des habitations seraient imputables au titulaire du titre.

Permis en pagaille

Autres substances, même logique: depuis 2012, de Montebourg à Macron, le gouvernement a soutenu le renouveau minier, autour de l’or et autres minerais dont les cours se sont emballés dans les années 2000. En 2013, deux permis d’exploration sont délivrés en métropole pour la première fois depuis 30 ans, suivis par deux autres en 2014, puis quatre en 2015. En Guyane, outre la trentaine de mines d’or déjà en activité, 18 permis d’explorer ont été délivrés depuis 2001 et 7 demandes sont encore à l’étude. «Le gouvernement français met tout en œuvre pour favoriser la réouverture de mines en France», estiment les Amis de la Terre, sans se poser «sérieusement la question de nos modes de production et de consommation et des alternatives à la mine.»

Recycler plutôt que creuser

Car c’est là que résident les solutions: il faut «analyser nos véritables besoins pour chaque minerai, en tenant compte du potentiel de la lutte contre l’obsolescence programmée, de l’éco-conception, du développement de nouveaux modèles économiques et de l’amélioration du recyclage», plaide l’association. Pour les matériaux dont les taux de recyclage sont aujourd’hui inférieurs à 50% (notamment aluminium, cobalt, cuivre, étain, lithium, etc.), il s’agirait de définir des objectifs spécifiques de recyclage. «La priorité doit être donnée à l’allongement de la durée de vie des produits et ceci passe par l’extension de la durée de la garantie légale de 2 à 10 ans.»

 



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