On avait oublié les canicules marines

Le 05 mars 2019
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Les bancs de coraux souffrent des températures trop élevées.
Les bancs de coraux souffrent des températures trop élevées.

 

Comme sur les continents, les vagues de chaleur frappent les océans, souligne une étude publiée par Nature Climate Change. Un phénomène dévastateur pour la faune, la flore et le climat.

 

Une canicule marine est définie par des températures qui restent proches pendant 5 jours des records enregistrés dans une zone donnée. Depuis un demi-siècle, le nombre de jours de canicule marine a augmenté de plus de 50%, constatent le biologiste marin Dan Smale (université de Plymouth) et ses collègues.

«A l'échelle mondiale, les vagues de chaleur marine deviennent de plus en plus fréquentes, et de plus en plus longues. Au cours de la dernière décennie, des événements records ont été observés dans la plupart des bassins océaniques», note Dan Smale. Or, «tout comme les vagues de chaleur atmosphériques peuvent être fatales aux cultures, aux forêts et aux animaux, les canicules marines peuvent être dévastatrices pour les écosystèmes océaniques», explique-t-il à l'AFP.

effets peu connus

Mais par rapport aux canicules atmosphériques (qui ont fait des dizaines de milliers de victimes depuis le début du siècle), les effets des vagues de chaleur marines restent peu connus.

Les coraux sont leurs victimes par excellence et font face à un sombre avenir: même si l'humanité parvient à stabiliser le réchauffement à 1,5°C, entre 70% et 90% des coraux sont voués à la disparition, selon le dernier rapport spécial du Giec[1].

Et ils ne sont pas les seuls: la vague de chaleur de 2011 a dévasté de vastes étendues de prairies sous-marines et de forêts de varech, ainsi que les poissons et les ormeaux qui en dépendent.

renforcement de l'effet de serre

L'intensification des canicules marines (en nombre et en puissance) a également un impact direct sur l'homme. «Les espèces de poissons et de crustacés destinées à la consommation risquent d'être anéanties localement», s'alarme le scientifique.

De plus, «si les herbes marines et les mangroves sont touchées par des températures extrêmes, elles peuvent libérer le carbone qu'elles stockent» et augmenter le réchauffement climatique, ajoute le chercheur.

 



[1] Giec: Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

 



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