On a saboté la centrale nucléaire

Le 06 janvier 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Un sabotage a endommagé la turbine du réacteur n°4 de la centrale de Doel,
Un sabotage a endommagé la turbine du réacteur n°4 de la centrale de Doel,

Pendant que la France se passionne pour de petits drones qui, régulièrement, survolent ses centrales nucléaires, la Belgique est confrontée à un tout autre problème de sécurité nucléaire.

Le 5 août dernier, le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Doel était mis à l’arrêt d’urgence. En cause: une fuite de 65 tonnes d’huile qui a occasionné d’importants dégâts à la turbine, située dans la partie non nucléaire de l’installation. Montant présumé des travaux de réparation: 30 millions d’euros. Sans oublier le coût de plusieurs mois d’indisponibilité d’un réacteur de 1.000 mégawatts (compter environ 1 M€ par jour).

Les premiers résultats des enquêtes ouvertes par les autorités laissent entendre qu’il s’agit d’un acte de sabotage. «Le réservoir d'huile de la turbine s'était intégralement vidé à cause de l'ouverture manuelle de la conduite d'évacuation servant à transférer rapidement l'huile vers un réservoir de réserve en cas d'incendie. Comme de nombreux indices semblaient indiquer que cette conduite avait été ouverte délibérément et sans instruction, les soupçons se sont rapidement portés sur un acte malveillant», confirme l’AFCN, l’autorité de sûreté belge, dans un communiqué.

Actes de malveillance

Les sanctions n’ont pas tardé. Selon la presse belge, une trentaine de techniciens viennent de se voir interdire l’accès à la salle des machines de la 4e tranche de Doel.

Parallèlement, les contrôles internes seront accrus. A la demande de l’AFCN, l’exploitant, Electrabel, va installer de nouvelles caméras de surveillance à l’intérieur de ses centrales de Doel et de Tihange. La sévérité du contrôle d’accès sera également renforcée. L'AFCN exige aussi des mesures de sûreté complémentaires telles que des vérifications additionnelles de la bonne configuration des équipements de sauvegarde et des circuits de secours.

Les actes de malveillance ne sont pas l’apanage des centrales belges. En décembre 1995, un agent d’EDF avait versé du chlorure de sodium dans le circuit secondaire du réacteur n°3 de la centrale du Blayais. Le 12 juin 2003, pendant une journée de grève, un technicien déclenche volontairement la fermeture d’une vanne, entraînant l’arrêt automatique de la tranche 2.

Malgré les mises en demeure de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), il n’est pas certain, aujourd’hui, qu’EDF puisse empêcher le renouvellement de pareils délits.



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