Oméga-3: risque de cancer chez les femmes?

Le 22 février 2012 par Romain Loury
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Les supplémentations en oméga-3 sont inefficaces en prévention du cancer, et pourraient même en accroître le risque chez les femmes, suggèrent des travaux français parus dans les Archives of Internal Medicine.

Publiée en 2010, une première analyse de cette étude, dénommée FOL.OM3 [1], avait montré le manque d’efficacité de supplémentations en vitamine B et en oméga-3 pour prévenir les accidents cardiovasculaires chez des personnes venant d’en subir un. Selon une nouvelle analyse, l’effet serait même négatif en ce qui concerne le cancer, mais seulement chez les femmes.

Selon ces travaux de l’équipe de Pilar Galan, de l’unité mixte de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Inserm/Inra/Cnam/Paris13), la prise de suppléments à base d’oméga-3 est liée à un risque multiplié par 2,02 de cancer sur une période de 5 ans. Une tendance similaire était observée avec la vitamine B (risque multiplié par 2,18), mais sans atteindre la significativité statistique.

Entre autres hypothèses quant à ce risque exclusivement féminin, les chercheurs évoquent une possible modulation du métabolisme des œstrogènes par les oméga-3. Ce qui n’est pas sans rappeler d’autres travaux, publiés en 2003, qui avaient établi un lien entre consommation de poisson et certaines formes de cancer du sein.

Selon les auteurs, ces nutriments n’agiraient probablement pas comme initiateurs de tumeur, mais plutôt en «potentialisant des dysplasies subcliniques», précurseurs de cancer. Ils se montrent toutefois prudents quant à leurs résultats, obtenus sur un petit nombre de personnes d’une population bien particulière, se remettant tout juste d’un accident cardiovasculaire.

Avant même cette étude, l’éventuel intérêt anticancéreux des oméga-3 a plusieurs fois été mis en doute, certaines études montrant aussi un effet délétère, et pas seulement chez les femmes: l’une d’entre elles a récemment mis en évidence un lien avec le cancer de la prostate (voir le JDLE http://www.journaldelenvironnement.net/article/les-omega-3-mr-hyde-du-cancer-de-la-prostate,23005).

[1] Menée entre 2003 et 2009, l’étude SU.FOL.OM3 a porté sur 2.501 personnes âgées de 45 à 80 ans, recrutées suite à un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral (AVC) ou une angine de poitrine. Elles ont été réparties en 4 groupes, selon le traitement, pris sur 5 ans : vitamine B (B9, B6 et B12); oméga-3; vitamine B + oméga-3; placebo.



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