Oméga-3: espérance de vie allongée chez les seniors

Le 03 avril 2013 par Romain Loury
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C'est bon pour vivre longtemps.
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Les oméga-3 sont bien liés à un moindre risque de décès, surtout ceux de nature cardiovasculaire, chez les personnes âgées de plus de 65 ans, confirme une grande étude américaine publiée dans les Annals of Internal Medicine.

Après plusieurs études qui ont pu faire douter de l’efficacité de ces lipides (voir le JDLE), celle que viennent de publier Dariush Mozaffarian, de la Harvard School of Public Health de Boston (Massachusetts), et ses collègues ressemble un peu à un retour en grâce. Menée sur 2.692 Américains âgés de plus de 65 ans, elle montre que les oméga-3 sont bien liés à un allongement de la durée de vie.

Particularité de ces travaux, ils sont les premiers à évaluer, chez des personnes initialement sans maladie cardiovasculaire, le risque de décès non pas en fonction de la consommation d’oméga-3 –d’origine alimentaire ou sous forme de compléments-, mais en ne tenant compte que du taux sanguin. Une approche qui diminue considérablement les risques de biais, particulièrement aigus lorsque ne sont analysés que des régimes alimentaires déclarés par les participants.

Que ce soit l’acide eicosapentaénoïque (EPA), l’acide docosapentaénoïque (DPA) ou l’acide docosahexaénoïque (DHA), tous étaient liés à une baisse de la mortalité, de 27% lorsqu’ils étaient considérés dans leur ensemble chez les personnes dont le sang en contenait le plus.

Chez celles-ci, l’espérance de vie se trouvait allongée de 2,22 ans en moyenne. Raison principale, une baisse de 45% de la mortalité cardiovasculaire, avec un effet plus marqué du DHA sur les maladies coronariennes, et du DPA sur les accidents vasculaires cérébraux (AVC). «Nos résultats (…) étayent l’hypothèse selon laquelle chaque type d’oméga-3 pourrait jouer un rôle différent, mais complémentaire, sur les mécanismes du risque cardiovasculaire», commentent les chercheurs.

Rien d’aussi net sur la mortalité d’origine non cardiovasculaire, si ce n’est une baisse de 30% du risque de cancer mortel chez les personnes dont le sang contenait le plus de DPA, voire de 70% du risque d’infection fatale pour l’ensemble des oméga-3. Des résultats que les chercheurs qualifient d’«exploratoires», à confirmer par d’autres travaux. Si la méthode employée atténue le doute quant à l’efficacité des oméga-3, elle pâtit, comme toute étude observationnelle, du risque de biais. Plutôt qu’un effet direct sur la mortalité, les chercheurs reconnaissent que «ces résultats pourraient tout aussi bien refléter l’influence des habitudes alimentaires tout au long de la vie».

A savoir que les personnes les plus imprégnées d’oméga-3 se seraient bien nourries tout au long de leur vie, pas seulement pendant la durée de l’étude. D’où l’intérêt de l’étude américaine VITAL (Vitamin D and Omega-3 Trial), plus grand essai mené en double-aveugle sur le sujet, qui recrute actuellement ses 20.000 volontaires. Agées de plus de 50 ans, ces personnes sont réparties en 4 groupes selon la nature des compléments alimentaires qui leur sont attribués: vitamine D, oméga-3, les deux, ou placebo.



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