Oiseaux migrateurs: le bruit, une pollution ignorée

Le 01 septembre 2015 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le bruant à couronne blanche
Le bruant à couronne blanche
DR

Les oiseaux n’aiment pas le bruit: selon une étude américaine publiée lundi 31 septembre, celui lié au trafic routier les fait soit fuir vers d’autres lieux, soit les rend plus fragiles. Un phénomène particulièrement périlleux pour les oiseaux migrateurs en transit.

C’est un fait, les oiseaux migrateurs sont en danger. Entre autres causes, le réchauffement climatique, la destruction des habitats dans leurs lieux de migration ou de transit, la pollution chimique, mais aussi le bruit du trafic routier, révèle une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas).

Qu’ils soient migrateurs ou non, les oiseaux tendent à se faire plus rares aux abords des routes. Mais jusqu’alors, les chercheurs ne savaient comment expliquer ce phénomène: risque accru de collision, perturbation du sens visuel, pollution de l’air. Selon l’étude menée par Heidi Ware, de l’université d’Etat de Boise dans l’Idaho, et ses collègues, le bruit suffirait à éloigner les oiseaux.

31% moins d’oiseaux

Les chercheurs en ont fait l’expérience dans un coin désert de campagne, y diffusant le bruit d’une autoroute (55 décibels), puis comparant la présence d’oiseaux avec la même zone sans bruit, ainsi qu’avec une zone voisine «non traitée». Résultat: les oiseaux, pour la plupart des migrateurs en transit, étaient 31% moins nombreux en présence de cette pollution sonore.

Quant à ceux demeurant sur place, ils perdaient du poids par rapport à leurs congénères en milieu calme. Exposés à ce même bruit en laboratoire, des bruants à couronne blanche (Zonotrichia leucophrys) étaient plus de temps dans une attitude de vigilance que de recherche de nourriture, passant au final 30% moins de temps à s’alimenter.

Les oiseaux migrateurs pourraient être particulièrement vulnérables, soit parce qu’ils se trouvent forcés de chercher d’autres lieux de transit, soit parce qu’ils s’en trouvent physiquement fragilisés.  «Pour les individus résidant dans des zones perturbées par des activités humaines bruyantes, la pollution sonore représente une source invisible de dégradation de l’habitat, longtemps ignorée: sans signe apparent de changement, le bruit du trafic routier constitue bien une atteinte à au lieu de vie des oiseaux», commentent les chercheurs.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus