Oiseaux: le changement climatique, c’est maintenant

Le 31 mars 2016 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La fauvette pitchou
La fauvette pitchou

Pour les oiseaux, le changement climatique n’est pas une lointaine menace: ces dernières décennies, leur répartition, aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis, a été bouleversée par le réchauffement, démontre une étude publiée jeudi 31 mars dans Science.

L’impact du changement climatique sur la répartition des espèces est certes bien décrit, notamment pour les oiseaux. Mais jamais il n’avait été analysé sur un aussi grand nombre d’espèces, parmi les plus abondantes: pour l’Europe, Philip Stephens, biologiste à l’université de Durham (Royaume-Uni), et ses collègues ont étudié 145 espèces, représentant 89% des individus présents sur le continent, et 380 pour les Etats-Unis.

Procédant pays par pays pour l’Europe, Etat par Etat pour les Etats-Unis, les chercheurs ont classé ces espèces en deux groupes: l’un constitué d’oiseaux dont on s’attend à ce qu’ils bénéficient du réchauffement, l’autre d’oiseaux qui en souffrent. Ils ont ensuite comparé ces prévisions aux données d’observation de ces différentes espèces, région par région, pour la période 1980-2010.

Les résultats sont sans équivoque: il y a un net déclin des espèces là où le climat leur devient peu favorable, alors qu’elles progressent dans les régions qui leur deviennent propices. Ce qui, selon les chercheurs, démontre pour la première fois que le réchauffement a des effets similaires, et à grande échelle, sur l’abondance des espèces communes de deux continents différents.

Le roitelet file au nord

Entre autres exemples, le roitelet européen progresse dans le nord de l’Europe, où les hivers se font plus doux, mais recule dans le sud, du fait d’étés trop chauds. Longtemps limitée au Dorset (sud de l’Angleterre), la fauvette pitchou a vu ses effectifs britanniques octupler depuis le début des années 1980, tandis qu’elle est en net recul en Espagne. Aux Etats-Unis, le robin américain se raréfie dans le Mississippi et la Louisiane, mais se fait plus fréquent dans le Dakota du Nord, à la frontière canadienne.

Les chercheurs ont mis au point un nouvel indicateur de vulnérabilité au changement climatique, le Climate Impact Indicator (CII), qui permet de décrire l’évolution d’une espèce confrontée au réchauffement. Selon eux, il pourrait être appliqué aux abeilles, aux libellules et aux papillons, espèces qui font l’objet d’une bonne surveillance et également très sensibles au changement climatique.

Selon une étude britannique publiée fin 2014, l’Europe a perdu environ 20% de ses oiseaux en 30 ans -dont 92% des 36 espèces les plus courantes-, passant de 2,1 milliard d’individus en 1980 à 1,65 milliard en 2009. Cette baisse, qui s’ajoute aux changements de répartition liés au réchauffement, s’explique par la fragmentation des habitats et l’agriculture.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus