Oiseaux: éloigner les éoliennes des zones protégées

Le 22 juin 2017 par Romain Loury
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Deux fois plus de collisions près des ZPS
Deux fois plus de collisions près des ZPS

Les éoliennes ne doivent plus être implantées à proximité des zones de protection spéciale (ZPS), estime la Ligue de protection des oiseaux (LPO). Selon le bilan national qu’elle a publié mardi 20 juin, la mortalité y serait deux fois plus élevée chez les oiseaux.

La LPO a analysé 197 rapports de suivi effectués entre 1997 et 2015 sur 1.065 éoliennes réparties dans 142 parcs français. Ces rapports font état de 1.102 cadavres d’espèces, pour une mortalité variant entre 0,3 et 18,2 individus par éolienne et par an. Soit une moyenne française de 7 oiseaux tués par éolienne et par an, proche d’analyses similaires menées aux Etats-Unis (5) et au Canada (8,2).

Sur les 97 espèces retrouvées, 75% bénéficient d’un statut protégé. Pire: 10,2% des cadavres appartiennent à des espèces inscrites à l’annexe 1 de la directive Oiseaux, comme le faucon crécerellette et le milan noir, et 8,4% figurent sur la liste rouge des espèces menacées en France, dont le bruant jaune et le gobemouche noir.

Les plus affectés sont toutefois les passériformes (roitelets, alouettes, moineaux), qui comptent 49,3% des cadavres retrouvés, suivis des rapaces diurnes (23%). Egalement vulnérables, les mouettes rieuses, avec 65 cadavres retrouvés auprès de parcs éoliens littoraux, ainsi que les martinets noirs, deuxième espèce la plus retrouvée après le roitelet à trois bandes.

60% des cadavres à proximité des ZPS

Selon la LPO, 60% des cadavres retrouvés l’ont été sous des éoliennes de parcs situées à moins de 1.000 mètres d’une ZPS, intégrées au réseau Natura 2000 en raison de leur intérêt pour la protection des oiseaux. Or ces parcs n’accueillent que 11% des éoliennes françaises.

Cette surreprésentation s’explique certes, en partie, par des prospections plus intenses du fait de la proximité des ZPS. Mais pas seulement: après ajustement sur l’effort de prospection, il s’avère que la mortalité y est bien deux fois supérieure aux autres éoliennes. Pourtant celles implantées à proximité des ZPS, plus anciennes, sont en général plus petites, d’une moyenne de 20 mètres par rapport aux autres.

Pour la LPO, «il convient donc d’éviter d’implanter des éoliennes dans ces périmètres à forts enjeux avifaunistiques -c’est ce que font déjà 15 des anciennes régions métropolitaines- ainsi que dans une zone tampon d’au moins 1 km, correspondant au rayon d’action des espèces ayant justifié ces classements en ZPS, d’autant plus lorsque celles-ci sont réputées sensibles à l’éolien (rapaces, planeurs, migrateurs)».

«Les ZPS terrestres françaises couvrent 43.800 km², soit 8% du territoire métropolitain. Elles peuvent donc être évitées sans remettre en cause des objectifs nationaux de développement de l’éolien, y compris dans certains territoires disposant tout à la fois d’un fort potentiel éolien et d’un maillage Natura 2000 dense (par exemple dans la région Occitanie, fortement ventée et couverte à 27 % par des ZPS)», ajoute l’association.

Une «opportunité unique» de réduire l’impact

La LPO souhaite que la question soit posée à l’occasion du renouvellement des contrats d’achat de l’électricité d’origine éolienne, qui viennent à échéance au bout de 15 ans. Parmi les parcs les plus anciens, nombreux concernent justement des parcs situés à proximité des ZPS. «Il s’agit là d’une opportunité unique de réduire l’impact du parc éolien français sur l’avifaune en faisant le choix de ne pas remplacer certaines éoliennes très problématiques», indique-t-elle.

Quant aux parcs dont l’impact est moindre, la LPO craint que les éoliennes soient remplacées par des modèles de plus grande taille, avec un plus grand risque de collision pour les oiseaux. «Les études visant à obtenir les autorisations pour la construction et l’exploitation de ces futurs parcs devront donc analyser en détail les hauteurs de vol des espèces utilisant le site et choisir, en conséquence, les hauteurs de mât et les longueurs de pales propres à limiter le risque de collision», juge la LPO. 



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