OGM: un appel à harmoniser les méthodes de détection

Le 08 août 2008 par Agnès Ginestet
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Près de 600 experts se sont réunis du 24 au 27 juin à Côme en Italie lors de la première conférence globale sur l’analyse des OGM. L’objectif principal du Centre commun de recherche (JRC) de la Commission européenne est une harmonisation globale des méthodes de détection.

Que l'on soit pro ou anti-OGM, la détection de ces organismes apparaît nécessaire. L'unité biotechnologie et OGM de l'Institut pour la protection de la santé et du consommateur (IHCP), membre du JRC, est chargée d'accompagner sur le plan technique et scientifique l'application de la réglementation européenne sur les OGM, en particulier ce qui concerne les critères de mise sur le marché. Assistée du réseau européen des laboratoires sur les OGM (ENGL) qui comprend plus de 120 membres, elle opère le Laboratoire communautaire de référence pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux génétiquement modifiés (CRL-GMFF). Celui-ci distribue des échantillons-témoins (OGM/non-OGM) aux membres d'ENGL, et évalue et valide les méthodes de détection (par la technique PCR par exemple) proposées dans le cadre de procédures d'autorisation de mise sur le marché (1). «Il s'agit de vérifier si une méthode est fiable et spécifique d'un OGM. Il faut pouvoir le détecter, y compris dans un petit morceau de biscuit», a expliqué Guy Van den Eeede, organisateur de la conférence et directeur de l'unité Biotechnologies et OGM du JRC. «Le nombre d'OGM entrant dans le système réglementaire augmente de façon régulière. Le CRL a traité 76 dossiers», a indiqué Marco Mazzara, de l'IHCP. Il a toutefois ajouté que la méthode de validation ne peut pas couvrir l'ensemble des matrices où les OGM sont susceptibles d'être détectés.

Selon Guy Van den Eede, la collaboration sur la détection des OGM est très bonne avec les pays exportateurs d'OGM tels que les Etats-Unis. «Nous partageons nos résultats avec eux et mettons au point des protocoles. Il n'y a pas de conflits», a-t-il ajouté. L'Argentine est aussi impliquée, et d'autres pays comme la Chine et Singapour se montrent intéressés.

Si le protocole de Carthagène sur la prévention des risques biotechnologiques a été ratifié par plus de 140 pays, dans les faits, nombre d'entre eux ne peuvent pas exercer leur droit à refuser la présence d'OGM dans les produits. Selon Shadihul Haque, de l'université d'agriculture du Bangladesh, son pays par exemple manque d'experts, d'équipements et de ressources financières pour pouvoir détecter les OGM dans les denrées alimentaires et les aliments pour animaux. «Nous avons signé le protocole avant de développer les instruments pour vérifier son application», a-t-il indiqué, estimant que l'Union européenne, avec des acteurs comme le JRC, peut jouer un rôle de leader et aider les pays en développement dans ce domaine.

Rare acteur du monde associatif présent à la conférence, Janet Cotter, de l'unité scientifique internationale de Greenpeace basée en Angleterre, a pu montrer à l'audience les résultats de tests réalisés en Inde sur des produits alimentaires contenant des OGM illégaux. Greenpeace appelle notamment à l'obligation de fournir un protocole d'analyses à l'étape des essais en plein champ, compte tenu des contaminations de cultures qui se produisent parfois.



(1) Selon le règlement règlement CE n° 1829/2003 du 22 septembre 2003 concernant les denrées alimentaires et les aliments pour animaux génétiquement modifiés, le laboratoire communautaire de référence valide les méthodes d'échantillonnage et de détection proposées par les demandeurs d'autorisation




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