OGM : les autorités US s’intéressent à la coexistence des cultures

Le 17 décembre 2010 par Sabine Casalonga
> 
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

 

Le département de l’agriculture américain USDA a publié jeudi 16 décembre le document final d’impact environnemental de la luzerne génétiquement modifiée (GM) « Roundup ready » (RR) de Monsanto.

La commercialisation de cet OGM résistant aux herbicides avait été suspendue en 2007 par un juge fédéral (Californie), à la demande d’agriculteurs biologiques inquiets des risques de contamination de leurs champs. La luzerne représente la 4e plus importante culture aux Etats-Unis.

Mais le 21 juin 2010, la Cour suprême a rendu une décision ré-autorisant la vente des semences de luzerne RR [voir le JDLE]. La Cour a estimé que les tribunaux inférieurs avaient pris une décision prématurée sans attendre les résultats de l’étude d’impact de l’USDA.

Publiée hier, cette étude a évalué les impacts environnementaux et économiques de trois scénarios : le maintien du moratoire de la luzerne RR ; une autorisation sans conditions ; une autorisation assortie de restrictions géographiques et de distances de sécurité pour les parcelles GM. L’USDA a exprimé sa préférence pour les deux dernières options, dans une volonté de concilier les intérêts des producteurs de semences GM et ceux des agriculteurs biologiques, en intégrant la question de coexistence des cultures GM et non GM. Selon Reuters, cela illustrerait un infléchissement de la position des autorités américaines.

L’USDA est depuis plusieurs années critiqué par les associations environnementales, agricoles et de consommateurs, pour avoir autorisé plusieurs OGM considérés comme néfastes pour l’environnement. Il a été notamment accusé d’agir comme une chambre d’enregistrement des demandes des entreprises de biotechnologies.

Selon le secrétaire américain à l’agriculture Tom Vilsack, ce rapport constitue une opportunité pour démarrer une concertation et développer des stratégies pour le renforcement des mesures de coexistence des cultures. Tout en réaffirmant que les biotechnologies sont des solutions très prometteuses pour l’agriculture aux Etats-Unis et dans le monde.

Les opposants ont exprimé leur déception face à la volonté de l’USDA de ne pas maintenir l’interdiction, avant même que tous les risques environnementaux aient été réellement évalués. De leur côté, les entreprises de biotechnologies appellent à une autorisation sans restriction.

Le rapport d’impact sera soumis pendant 30 jours à consultation du public, avant que l’USDA ne publie sa décision.

A titre de comparaison, 15 Etats membres de l'UE avaient adopté une législation sur la coexistence des cultures en 2009 [voir le JDLE]. Un rapport sur les meilleures pratiques de coexistence a par ailleurs été présenté par le Conseil Agriculture fin septembre 2010 [voir le JDLE].



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus