OGM: la Suisse consulte sur un régime de coexistence

Le 16 mai 2013 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Des cultures OGM en plein champ qui coexisteraient avec des cultures conventionnelles?
Des cultures OGM en plein champ qui coexisteraient avec des cultures conventionnelles?
©Greenpeace/Desjardins

Le Conseil fédéral suisse ne veut pas insulter l’avenir: tout en reconnaissant que les OGM «ne présentent pas aujourd'hui d'avantages évidents pour l'agriculture suisse par rapport aux cultures conventionnelles (…), la possibilité de [les] cultiver ne doit pas être exclue à l'avenir», écrit l’organe exécutif de la Confédération suisse, qui avait mis en consultation jusqu’à hier 15 mai un projet de régime de coexistence entre cultures conventionnelles et cultures d'OGM à l'échéance du moratoire. Les nouvelles dispositions «précisent les mesures que les cultivateurs d'OGM doivent mettre en place pour préserver les cultures conventionnelles: le respect de distances d'isolement ou l'information aux autorités, notamment. La séparation des flux doit en outre être garantie dans toute la chaîne de production», écrit le Conseil fédéral. Cette nouvelle réglementation «ne règle pas les aspects liés à la sécurité des OGM par rapport à la santé et à l'environnement. Ces aspects sont examinés lors de la procédure d'autorisation de mise en circulation à laquelle est soumise chaque variété d'OGM». Industriels et scientifiques se sont exprimés en faveur de cette coexistence; socialistes, verts et agriculteurs ont pris position contre.

 

En 2005, un moratoire interdisant l'utilisation d'OGM dans l'agriculture suisse a été adopté suite à une initiative citoyenne; il sera confirmé pour trois ans en 2010, avant que le Parlement suisse ne le prolonge jusqu'à la fin 2017. Le Conseil fédéral propose de mettre à profit ce temps pour établir les modalités de ce régime de coexistence. Un rapport rédigé l’an passé par l’Académie suisse des sciences sur l’utilité et les risques de la dissémination des plantes génétiquement modifiées avait conclu à l’absence de risque significatif tant pour la santé que pour l'environnement. Tout en reconnaissant que le bénéfice économique de cette biotechnologie pour l’agriculture en Suisse serait pour l’heure «modeste», il faisait l’hypothèse d’une amélioration avec «l’entrée en jeu de variétés combinant différentes caractéristiques, telles une résistance aux herbicides et aux maladies».

 

Les jeunes agriculteurs ont pris position contre. «Le régime de coexistence proposé par le Conseil fédéral entraîne des frais et des démarches administratives supplémentaires pour le secteur agricole et agroalimentaire suisse (…) A l’heure actuelle, les cultures OGM n’apporteraient rien à l’agriculture suisse. La demande sur le marché est inexistante, et elles ne présentent pas d’intérêt économique pour l’agriculture.» Le parti libéral-radical suisse prend résolument position pour: «Si les méthodes de production et de culture d'OGM ne sont pas plus risquées que les traditionnelles, la réglementation ne doit alors pas être plus restrictive». Et l’Union démocratique du centre a fait valoir que, vu la méfiance de la population vis-à-vis des OGM, il respectera un éventuel rejet.

 

Point de concordance entre pro et anti: leur opposition à création de régions «sans OGM», «lorsque les mesures de coexistence sont difficilement réalisables -par exemple, lorsque les parcelles sont petites et imbriquées- et que cela correspond au souhait de l'ensemble des producteurs d'une région», comme le prévoit le Conseil fédéral. Les opposants à la coexistence plaident pour un renversement de la position, avec la création d'un label «régions avec OGM», à certaines conditions. Le gouvernement du canton de Berne, de son côté, considère que l'absence d'OGM est un argument bien plus fort pour l'agriculture face à la concurrence internationale.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus