OGM: Juncker passe en force

Le 22 avril 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La moitié des pays membre est opposée à la mise en culture d'OGM.
La moitié des pays membre est opposée à la mise en culture d'OGM.
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La Commission européenne a présenté, ce mercredi 22 avril, un projet de réglementation encadrant l’utilisation d’OGM dans la consommation humaine ou animale.

Malgré les oppositions, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, a tranché. A charge désormais pour les Etats de choisir si, oui ou non, ils voudront importer des végétaux génétiquement modifiés. Exit, donc, comme nous l’avions annoncé le 10 avril, le principe d’unanimité européenne qui avait contribué à un blocage total du système d’autorisation des cultures et des importations d’OGM, ces dernières années.

Les Etats pourront refuser

«Ce qui va changer, tempère Bruxelles dans un communiqué, c'est qu'une fois qu’un OGM aura été autorisé à l'échelle de l'Union pour une utilisation dans l'alimentation humaine ou animale, les Etats membres pourront refuser qu'il soit utilisé dans leur chaîne alimentaire.»

Consensuelle en apparence, cette décision fait toujours débat. A l’intérieur de la Commission, d’abord. Pierre Moscovici, commissaire aux affaires économiques et monétaires, et Karmenu Vella, commissaire aux affaires maritimes et à la pêche, jugent que le projet ne donne pas assez de garanties juridiques aux Etats souhaitant interdire les OGM. A contrario, Cécilia Malmström, détentrice du portefeuille du commerce, et Günther Oettinger en charge de l’économie, s’opposent à toute possibilité d'exemption pour les Etats.

Système anti-démocratique

A l’extérieur, les discussions font également rage. La directrice des politiques alimentaires de Greenpeace Europe n’a pas de mots assez durs pour condamner la proposition de la Commission: «C’est une farce parce qu’elle ne modifie en rien le système anti-démocratique actuel. La Commission pourra toujours ignorer les oppositions majeures aux OGM, en dépit des promesses du président Juncker», explique Franziska Achterberg, dans un communiqué.

Favorable à la libéralisation du commerce des céréales et des fourrages génétiquement modifiés, le gouvernement américain n’a pas caché son mécontentement. «Au moment où les USA et l’Union européenne travaillent à la création d’opportunités pour la croissance et la création d’emplois, promises par le traité de libre-échange transatlantique, ce genre de proposition restreignant le commerce n’est pas constructive», affirme Michael Froman, représentant américain au commerce.

Primeur au fourrage

Les jeux sont pourtant loin d’être faits, à Bruxelles. La proposition présentée aujourd’hui par la Commission doit encore être acceptée dans les mêmes termes par les Etats et le Parlement européen. Ce qui n’est pas gagné. Mais sans attendre, la Commission prévoit de débloquer les autorisations, en souffrance parfois depuis 2013, de 17 OGM destinés au fourrage, selon une source européenne citée par l’AFP. De quoi agiter les campagnes.

 



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