OGM : des traces de pesticides chez les femmes enceintes

Le 28 avril 2011 par Romain Loury
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Des chercheurs québécois ont pour la première fois trouvé des traces de pesticides employés pour la culture d’OGM, dont la toxine Bt, dans le sang de femmes enceintes et celui de leur fœtus, lors de travaux publiés dans la revue Reproductive Toxicology.

L’équipe d’Aziz Aris, de l’université de Sherbrooke (Québec City), a étudié la présence dans le sang de deux herbicides, le glyphosate et le glufosinate, et d’un insecticide, la toxine Bt (1), trois piliers de la culture d’OGM. Pour les deux premiers, l’OGM résulte de l’introduction d’un gène de résistance au pesticide, pour le dernier, c’est le gène codant pour l’insecticide qui est directement inséré dans le génome.

Menée sur 69 femmes, dont 30 enceintes, cette étude est la première à mettre en évidence la présence dans le sang d’herbicides associés aux OGM. Et cette contamination a tout lieu d’être liée à l’alimentation: ces personnes résidaient toutes en zone urbaine, où l’exposition directe aux pesticides semble peu probable.

Toutes les femmes enceintes et leur fœtus, 67% des femmes non enceintes, portaient des traces de 3-MPPA, principal métabolite du glufosinate. La toxine Bt était retrouvée dans le sang de 93% des femmes enceintes et de 69% de celles qui ne l’étaient pas, dans le sang de cordon de 80% des fœtus. Le glyphosate et le glufosinate n’étaient en revanche identifiés que chez quelques femmes non enceintes.

«Le fœtus est probablement très susceptible aux effets indésirables des xénobiotiques», au rang desquels les pesticides, rappellent les chercheurs. «Ces agents environnementaux pourraient altérer les processus biologiques nécessaires à la croissance et au développement», ajoutent-ils.

Si les risques liés à la toxine Bt sont peu étudiés, le glufosinate entraînerait des malformations congénitales, le glyphosate des troubles de la reproduction. «Connaître la concentration de ces pesticides liés aux OGM constitue une pierre de touche pour la recherche dans ce domaine», estiment les auteurs.

Regrettant que la population fasse office de «cobaye», Greenpeace Canada se demande, dans un communiqué, «combien d'études scientifiques indépendantes seront nécessaires pour que les autorités gouvernementales exigent des entreprises de biotechnologies des preuves de l'innocuité des OGM».

Au Canada, la surface cultivée allouée à ces plantes est passée de 1,7 million d’hectares, en 1996, à 134 millions en 2009. Si depuis le moratoire de 2008 la France n’autorise plus de cultures d’OGM à visée commerciale, le maïs doux peut y être consommé en tant que tel, tandis que d’autres plantes (soja, colza, coton, etc.) sont utilisées sous forme de dérivés, notamment d’huiles et de farines.

(1)    Le glyphosate est, entre autres herbicides, le principe actif du Round-Up, commercialisé par Monsanto, tandis que le glufosinate est celui du Basta de Bayer CropScience. Quant à la toxine Bt, il s’agit d’un insecticide naturellement synthétisé par la bactérie Bacillus thuringiensis.



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