OGM: des chrysomèles résistantes deux-en-un

Le 18 mars 2014 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La chrysomèle du maïs résiste à deux types de toxines Bt
La chrysomèle du maïs résiste à deux types de toxines Bt

Confrontée à un maïs GM, la chrysomèle du maïs (Diabrotica virgifera) peut non seulement devenir résistante à une toxine Bt, mais aussi à deux d’entre elles simultanément, comme le révèle une étude américaine publiée lundi. De quoi remettre un peu plus en cause l’intérêt agricole -et le bien-fondé scientifique- des OGM.

C’est en 2003 qu’un premier maïs portant la toxine Bt de type mCry3Bb1, en l’occurrence le MON863 de Monsanto, a été autorisé aux Etats-Unis. Dès 2009, de premiers cas de résistance étaient observés dans l’Iowa chez l’insecte ciblé, la chrysomèle du maïs. Depuis, celle-ci semble s’être encore aguerrie, comme le révèle l’étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas).

Selon ces travaux, certains de ces insectes, en plus d’être résistants à la toxine mCry3Bb1, le seraient aussi à mCry3A, toxine Bt produite par un autre OGM commercial, le MIR604 de Syngenta. Pour montrer cela, Aaron Gassmann, du département d’entomologie à l’université de l’Etat d’Iowa à Ames, et ses collègues ont testé les insectes prélevés sur 9 champs de maïs GM endommagés –de l’une ou l’autre sorte.

Après avoir confronté les chrysomèles aux deux types de maïs, les chercheurs concluent qu’il existe une «association significative en ce qui concerne la survie sur le maïs Cry3Bb1 et sur le maïs mCry3A». Comprendre: il existe une résistance croisée aux deux types de toxines Bt, et il suffit aux insectes d’avoir été confronté à l’un de ces maïs pour se nourrir sereinement de l’autre.

En cause, la similarité entre les deux toxines mCry3Bb1 et mCry3A, issues d’un même gène ancestral. D’ailleurs, les chrysomèles résistantes s’avéraient de nouveau susceptibles à la toxine Bt, une fois mises sur un maïs produisant la toxine mCry34/35Ab1, plus lointaine génétiquement.

 

Des résistances après 3 générations

Tout porte à croire que les résistances à la toxine Bt surviennent très rapidement dans la nature: en laboratoire, il suffit même de 3 générations de chrysomèles pour en voir apparaître des résistants. Pour les chercheurs, il est donc très probable que cette sélection naturelle ait eu lieu sur plusieurs champs simultanément, sans besoin d’imaginer des migrations d’insectes mutants.

Les OGM aux toxines Bt sont-ils décrédibilisés de bon? Que nenni, estiment les chercheurs, qui alignent quelques conflits d’intérêt avec les grands noms de l’industrie (Monsanto, Dow AgroScience, Syngenta, DuPont-Pioneer, etc.). Selon eux, ces maïs ne produiraient au contraire pas assez de toxine Bt, raison pour laquelle ils sélectionnent des insectes résistants.

Afin de contrer cela, l’industrie a déjà lancé, depuis 2009, des OGM contenant deux toxines Bt, peu apparentées génétiquement. Pour Aaron Gassman, le mieux est encore de changer périodiquement de type de culture sur un même champ, afin d’empêcher la chrysomèle de s’y installer. Quant à l’empêcher de devenir résistante à la toxine Bt… autant éliminer les OGM!



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus