OGM: débats à l'Assemblée dans un climat tendu

Le 02 avril 2008 par Victor Roux-Goeken
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Au deuxième jour des débats concernant le projet de loi sur les OGM, parlementaires pro et anti-OGM se suspectent mutuellement d’être à la botte de lobbyistes. Les députés examinent un texte adopté par un Sénat pro-OGM. Le vote final du projet de loi aura lieu mardi 8 avril.

Un climat tendu pèse sur les discussions concernant le projet de loi sur les OGM, qui ont démarré mardi 1er avril à l'Assemblée nationale. Contrairement à ce que réclamait le ministre de l'Environnement Jean-Louis Borloo, lors de sa présentation du projet devant l'Assemblée, les débats sont loin d'être «sereins».

Tout a commencé, la semaine dernière, par une lettre ouverte de François Grosdidier, député UMP de la Moselle, à ses collègues les invitant à refuser un texte «manifestement amendé sous l'influence de groupes voulant une mise en culture rapide et massive des OGM en France». «Plusieurs de mes collègues partagent mon point de vue, mais ils se sont démobilisés, affirme le député, invité mercredi 2 avril par France nature environnement (FNE), à expliquer, fait rare, ses réserves sur le projet de loi avec des députés de l'opposition – Yves Cochet (Verts) et Geneviève Gaillard (PS). L'Assemblée se fait emporter par une position minoritaire ultra, qui n'est pas celle de l'esprit du Grenelle, de Borloo, de NKM [Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'écologie, ndlr], ni du président de la République lui-même.»

Viennent ensuite les propos du sénateur de la Manche, Jean-François Le Grand (UMP), dans une interview accordée au Monde daté du 2 avril. «J'ai été approché par Monsanto, j'ai refusé de leur parler. Je veux rester libre.» Le sénateur suspecte plusieurs députés d'être «actionnés» par les semenciers. Ancien président du comité de préfiguration de la Haute autorité sur les OGM, le sénateur a été mis au ban de son groupe au Sénat, pour avoir exprimé des «doutes sérieux» sur le MON810, dont la culture en France est depuis suspendue.

François Grosdidier a, de son côté, parlé des «menaces de saccages des permanences des élus par des organisations agricoles, (…) alors que les agriculteurs sont majoritairement contre la culture des OGM. Ces actions sont aussi graves que celles que mes amis reprochent aux faucheurs.»

Les pro-OGM ont contre-attaqué, mercredi 2, par la voix de Patrick Ollier (UMP), président de la commission des affaires économiques, en charge des dossiers environnementaux – l'Assemblée n'ayant pas de commission environnement. «Le lobbying, pour l'instant, on ne le voit que du côté des amis de M. Bové, qui organise des permanences de vigilance, des comités qui assaillent tous les députés de monceaux de documents». Le rapporteur du texte, Antoine Herth, s'est déclaré «surpris par les pressions dont nous faisons l'objet, qui frisent parfois la tentative d'intimidation.»

«C'est vrai que l'on fait du lobbying, se défend Arnaud Gossement, porte-parole de FNE, mais on le fait devant [l'opinion publique].»

Lui aussi invité par FNE, le député Verts de Paris, Yves Cochet, a insisté sur le fait que «nous ne sommes pas contre la recherche scientifique, contre les biotechnologies, mais contre le fait que nous ne savons pas décrire le risque [qu'induisent les OGM]. Le principe de précaution, inscrit dans la Constitution française, s'applique ici à plein. Il n'a jamais été appliqué pour l'instant, et le meilleur moment pour le faire, c'est les OGM !»

En attendant, les députés continueront, jusqu'au vendredi 4 avril, de débattre en deuxième lecture d'un texte adopté, le 8 février dernier, dans un sens favorable aux OGM par le Sénat (1). Plus de 60% des Français sont opposés à leur culture en plein champ. Le vote solennel aura lieu mardi 8 avril à l'Assemblée.



(1) Voir l'article du JDLE «OGM: vers un nouveau système de responsabilité»




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