OGM dans les protéines animales: fin de la tolérance zéro

Le 24 février 2011 par Sonja van Renssen
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 Les Vingt-sept ont approuvé le 23 février une proposition de règlement de la Commission européenne autorisant jusqu’à 0,1% d’Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) non-autorisés dans les importations de protéines pour animaux vers l’Europe. Objectif : éviter les ruptures d’approvisionnement, vu la forte dépendance de l’Europe vis-à-vis de ses sources externes de protéines animales.

En 2009, un moratoire avait été décidé sur les importations de soja destinées à l’alimentation animale après la découverte de traces d’OGM dans un lot importé. Depuis, toute cargaison d’aliments pour animaux contenant la plus petite trace d’OGM non approuvé par l’UE doit être refusée aux frontières.

La nouvelle législation donne le feu vert à l’importation de protéines animales contenant jusqu’à 0,1% d’OGM non approuvés par l’UE, mais approuvés dans le pays d’origine (en l’occurrence les Etats-Unis, le Brésil et l’Argentine). Les pays européens comme la France ont également insisté pour introduire d’autres conditions, notamment qu’une demande d’autorisation soit soumise à l’UE au moins trois mois auparavant.

Début février, Paris, Vienne et Budapest ont forcé la Commission européenne à reporter le vote sur ses propositions, insistant sur la nécessité d’entourer  la limite de tolérance de 0,1% de conditions plus strictes.

Comme on peut s’en douter, les ONG environnementales fulminaient à Bruxelles à la suite du vote, Greenpeace en tête. Les associations, favorables à la politique de tolérance zéro pour les produits agricoles contenant des OGM, craignent la contamination de la chaîne alimentaire (dans le JDLE).

Les lobbies industriels y sont aussi allés de leurs critiques en pointant du doigt que la nouvelle législation introduit une différenciation entre alimentation humaine et animale. Les mêmes importations de produits agricoles (soja, par ex.) sont utilisés pour nourrir humains et animaux, a déclaré la Fediol, l’association européenne de l’industrie des oléagineux. Pour elle, la limite de la tolérance de 0,1% devrait être étendue à l’alimentation humaine. La Commission européenne a répondu qu’elle n’a aucune intention de légiférer dans ce sens, mais qu’elle allait surveiller la situation.

Les lobbies comme Fediol expliquent que sans la nouvelle approche, l’Europe pourrait se retrouver en manque de protéines animales. Mais Greenpeace les contredit en affirmant que les statistiques européennes ne font état que de très rares contaminations: depuis septembre 2009, aucune cargaison de soja n’a été rejetée à cause d’OGM non autorisés.

Selon les statistiques européennes sur le commerce, l’UE a importé l’année dernière 51 millions de tonnes de protéines pour animaux, d’une valeur d’environ 15 milliards d’euros. La proposition de Règlement européen devrait entrer en vigueur cet été, à condition que le Parlement européen, et le Conseil des Ministres européens ne s’y opposent pas, ce qui ne devrait pas poser de problème.

 



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