Oeko Tex: le label textile a du mal à s'imposer

Le 22 septembre 2005 par Claire Avignon
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Oeko-Tex.com
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Présent depuis 1993 sur le territoire français, le label «écologique» du textile Oeko Tex reste peu connu en France. Mais depuis la directive européenne sur les colorants cancérogènes, les distributeurs français deviennent demandeurs.

C'est en 1992 que des Autrichiens ont l'idée de créer un label écologique appelé Oeko Tex. «L'idée de l'industrie était alors de valoriser le textile européen, tout en profitant de la sensibilité écologique des consommateurs», explique Michèle Jarrigeon, manager Oeko Tex pour l'Institut français textile-habillement (IFTH) qui s'occupe en France de la certification. Le label garantit ainsi l'absence de colorants cancérogènes et allergènes, de pesticides (pour les matières naturelles), de métaux lourds (les normes sont calées sur celles de l'eau, puisque les bébés peuvent sucer leurs vêtements), de composés phénoliques, etc. La certification implique aussi la vérification du pH et la résistance des couleurs au lavage. Son sérieux est assuré par un contrôle de 10% des produits mis sur le marché chaque année. La grande distribution et des entreprises telles que C&A l'adoptent rapidement. «Oeko Tex n'est pas dédié au textile haut de gamme, assure Michèle Jarrigeon. Au contraire, celui-ci vend uniquement sur une marque.»

Si en Allemagne, en Autriche, ou encore aux Pays-Bas, le label s'est rapidement imposé, en France, il reste confidentiel, avec seulement 250 entreprises qui certifient certains de leurs produits. Cela peut s'expliquer par une absence de politique de communication et une sensibilité environnementale moins importante chez les consommateurs français. «Beaucoup de nos clients sont en fait des fournisseurs (en boutons, tissus, éléments de broderie) de confectionneurs allemands ou des pays du Nord qui exigent cette certification pour obtenir eux-même le label», indique Michèle Jarrigeon.

Toutefois, la donne est en train de changer, depuis que la directive européenne de 2002 limitant la mise sur le marché et l'emploi de colorants azoïques a été transcrite dans le droit français en 2003. «Nous notons une hausse des certifications de 10% depuis 2 ans, poursuit la manager Oeko Tex. Car la grande distribution l'exige comme garantie du respect de la législation.» Ainsi, le chaussant Dim est labellisé Oeko Tex depuis 2003. «Tous les distributeurs comme Auchan et Carrefour nous ont écrit pour savoir comment nous allions répondre à la directive, témoigne Aymar de Ganay, responsable qualité de Dim. Pour les rassurer, nous avons décidé d'être certifié Oeko Tex.» Une démarche qui n'est pas simple. Au-delà du prix (environ 3.000 euros qui comprend le droit de certification et l'étiquetage), il faut aussi que tous les fournisseurs soient certifiés. «Pour le chaussant, Dim a peu de fournisseurs, cela a donc été assez simple, explique Aymar de Ganay. Mais nous voulons aussi certifier nos sous-vêtements, secteur où les fournisseurs sont beaucoup plus nombreux. La démarche apparaît donc plus longue et délicate.»

Les producteurs hors-UE, surtout en Asie, se sont montrés aussi très intéressés par ce label et le boom de certification est en partie dû à cet intérêt: 45.000 certificats ont été délivrés à l'international. Seul le bureau ouvert aux Etats-Unis n'a pas de succès. Parallèlement alors qu'on pourrait croire le contraire, Oeko Tex n'intéresse pas le haut de gamme qui vend avant tout une marque.




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