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Octopussy souffre aussi du bruit

Le 13 avril 2011 par Célia Fontaine
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On savait que la pollution sonore dans les océans pouvait nuire aux mammifères marins comme les baleines et les dauphins. Une étude publiée le 11 avril dans l’Ecological society of America (ESA) révèle que les sons basse fréquence produits par les installations offshore de grande envergure sont suspectés d’affecter également les céphalopodes comme les calamars, les pieuvres ou encore les seiches.
 
En 2001 et 2003, des calamars géants ont été retrouvés échoués, sans aucune lésion, le long des côtes des Asturies, en Espagne, juste après que navires de guerre avaient utilisé des armes à air comprimé. Les scientifiques, dont Michel André, professeur à l'université polytechnique de Catalogne, pensent que la mort de ces calamars est à mettre en relation avec une exposition sonore excessive.
 
Une étude a été menée sur 87 céphalopodes (Loligo vulgaris, Sepia officinalis, Octopus vulgaris et Illex coindeti), qui ont été exposés à des sons entre 50 et 400 Hertz (Hz), afin d’examiner leurs statocystes. Il s’agit d’un organe en forme de petit sac, qui aide ces invertébrés à maintenir leur équilibre et leur position (un peu comme le système vestibulaire des mammifères).
 
Les résultats des recherches montrent que les statocystes jouent un rôle dans la perception des sons basse fréquence chez les céphalopodes.
 
Michel André et ses collègues ont également découvert qu’immédiatement après l’exposition au son basse fréquence, les «poils» des cellules à l’intérieur des statocystes montrent des signes de lésion. «Quelques heures après l’exposition sonore, les fibres nerveuses ont enflé et parfois de larges trous sont apparus dans le système auditif.» Au final, tous les individus exposés aux sons ont montré des traumatismes acoustiques évidents, comparés à ceux qui n’avaient pas été exposés.
 
«Si l’exposition de courte durée et peu élevée utilisée lors de notre étude a pu causer de telles lésions chez ces animaux, alors l’impact de la pollution sonore continuelle, de grande intensité dans les océans, doit être considérable», estime Michel André.
 
Les dommages causés aux statocystes peuvent empêcher le céphalopode de chasser, d’échapper à ses prédateurs et même de se reproduire. Ce qui empêche donc toute forme de survie.
 
Les effets de la pollution sonore sur la vie marine varient selon que l’animal se trouve proche de l’activité offshore et la fréquence des sons. Cependant, avec l’augmentation des forages, du transport maritime, des excavations et autres activités en mer, il est à parier que les routes migratoires des animaux marins seront de plus en plus perturbées par la pollution sonore.


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