Océans: «limiter le réchauffement à 2°C sera insuffisant»

Le 10 juillet 2015 par Stéphanie Senet
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Qui va s'occuper des océans?
Qui va s'occuper des océans?

Les océans risques de connaître des dérèglements importants dès 2050 si le réchauffement dépasse 1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle, ont mis en garde les scientifiques, le 8 juillet, lors du colloque Our common future under climate change[1].

 



[1] Ce colloque, réunissant 2.000 scientifiques, se tenait du 7 au 10 juillet à Paris

 

 

Disparition des récifs coralliens, migration des espèces vers de plus hautes latitudes, surexploitation des stocks halieutiques, acidification des eaux, baisse des niveaux d’oxygène… «La pression de l’homme affecte déjà l’état des océans. Mais limiter le réchauffement à 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle sera insuffisant. A partir d’1,5°C, il faut s’attendre à des risques importants de dérèglements sévères dès 2050, en particulier pour les mollusques, les crustacés et les récifs coralliens», affirme Hans-Otto Pörtner, de l’institut allemand de recherche polaire et marine Alfred Wegener.

«Qui va s’occuper des océans alors que près des deux tiers de leur superficie échappe à toute juridiction nationale?», s’inquiète le coordinateur du chapitre dédié aux systèmes océaniques dans le 5ème rapport du Giec[1].

 

La disparition sous-évaluée des espèces

 

Elvira Poloczanska, du Centre de recherche marin et atmosphérique de Brisbane (Australie), a réalisé une synthèse des effets du changement climatique sur les organismes marins. A partir de 1.735 observations basées sur 208 études, s’intéressant à 12.000 espèces, elle a relevé les points chauds du scénario RCP 8,5[2] développé par le Giec. «C’est au niveau des tropiques que les pertes d’espèces seront les plus fortes, de l’ordre de plus de 500 disparitions, ce qui aura des conséquences énormes sur les captures de pêche», explique-t-elle.

Manuel Barange, du Plymouth Marine Laboratory (Royaume-Uni) alerte également sur les conséquences désastreuses de la disparition des stocks halieutiques. L’apport en protéines des poissons a fortement augmenté au cours des 40 dernières années, passant de 10,7 kg/hab en 1969 à 18,2 Kg/hab en 2009. «Mais le changement climatique perturbe fortement l’état des stocks, générant des perdants et des gagnants selon les Etats. Par exemple, les prises devraient augmenter en Norvège, Estonie, Danemark, Royaume-Uni, Suède ou Irlande, mais elles baisseront au Bangladesh, Sri Lanka, Japon, Portugal, Espagne ou France», poursuit l’auteur d’un ouvrage sur le changement climatique et l’économie mondiale de la pêche[3]. Tous ces scientifiques comptent sur l’accord climatique, qui pourrait être conclu à Paris en décembre prochain, pour prévoir des engagements forts en faveur de la protection des océans.

 



[1] Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

[2] Selon le scénario RCP 8,5, la température augmentera de 3,7°C en 2100 par rapport à l’ère pré-industrielle et le pH sera réduit à 7,80

[3] Climate change and the economics of the world’s fisheries, Elgar Publishers

 



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