Océans: le barrage flottant n’arrête pas les plastiques

Le 20 décembre 2018 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Premier échec pour le barrage conçu par The Ocean Cleanup
Premier échec pour le barrage conçu par The Ocean Cleanup

Parti de San Francisco le 8 septembre dernier, le navire affrété par The Ocean Cleanup pour récupérer les déchets plastiques formant le gyre de l’océan Pacifique essuie un échec.

Trois mois après avoir pris la mer, le Maersk Launcher doit s’incliner. System 001, son méga-barrage flottant de 600 mètres de long, ne parvient pas à stopper les déchets plastiques flottant à la surface de l’océan Pacifique. Boyan Slat, le jeune fondateur de la fondation néerlandaise Ocean Cleanup qui a conçu ce serpent flotteur, a reconnu que le dispositif s’avérait «trop lent pour retenir les déchets». System 001 opère actuellement dans le gyre de déchets du Pacifique, le plus grand au monde, situé entre la Californie et Hawaï. Selon la dernière évaluation, publiée en mars dernier dans la revue Scientific Reports, ce «continent de plastique» concentre 79.000 tonnes de débris sur 1,6 million de kilomètres carrés. Soit près de trois fois la superficie de la France.

Une question de vitesse

La fondation ne jette pas l’éponge pour autant. Les ingénieurs travaillent d’arrache-pied pour augmenter la vitesse du barrage, équipé d’une jupe de 3 mètres de profondeur, selon The Ocean Cleanup. Son objectif initial est des plus ambitieux: récolter 50% des déchets du gyre en seulement 5 ans et 90% de tous les déchets flottants dans le monde d’ici 2040. Un objectif reporté à plus tard.

Une perte de temps et d’énergie?

Ce dispositif est-il réellement utile? «Si nous comprenons la passion du porteur de projet, nous estimons que ce temps et cette énergie devraient en priorité être mis au service de la prévention des déchets marins. Nous avons par ailleurs de sérieuses craintes quant aux dommages potentiels pour la biodiversité marine, et en particulier le plancton, dont dépendent de nombreuses espèces», a commenté Sue Kinsey, chargée du programme Pollution à l’ONG britannique Marine Conservation Society.

Sur la chaîne américaine CBS, la scientifique Diane Hardesty, de l’organisme australien pour la recherche scientifique (CSIRO), a déclaré: «J’aimerais me tromper mais il paraît beaucoup plus pertinent de créer des décharges près des centres-villes ou de mettre en place des pièges à déchets dans les rivières.»

Une goutte d’eau dans l’océan

Autre bémol: les débris flottants ne représentent que 1% des déchets marins, contre 94% accumulés dans les fonds et 5% échoués sur les plages. Une goutte d’eau dans l’océan.

Au plan financier, Boyan Slat est parvenu à récolter 40 millions de dollars (environ 35 millions d’euros) pour financer la recherche, le développement et la mise au point de plusieurs prototypes.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus