Océan : ton phytoplancton fout le camp !

Le 29 juillet 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Un requin baleine consomme une tonne de phytoplancton par jour.
Un requin baleine consomme une tonne de phytoplancton par jour.

Sous l’effet de l’augmentation de la température des océans, les concentrations de micro algues dans l’eau ont fortement diminué, estime une étude parue cette semaine dans Nature. Ce qui pourrait avoir de lourdes conséquences sur la faune marine et sur le climat.

 

Il a beau être invisible à l’œil nu, le phytoplancton est d’une importance capitale. Présentes dans les couches superficielles de l’océan, ces minuscules algues jouent un rôle essentiel dans la vie terrestre. Dans l’eau, elles sont à la base de la chaîne trophique. Sans elles, pas de poissons, ni de mammifères marins. Grâce à la photosynthèse, elles absorbent aussi une centaine de millions de tonnes de CO2 par jour et relâchent près de la moitié de l’oxygène composant l’atmosphère. Bref, le phytoplancton, c’est la vie !

 

Problème, les populations de micro algues ont tendance à diminuer à vitesse grand V. C’est du moins la conclusion d’une étude réalisée par le biologiste Daniel Boyce, de l’université Dalhousie de Halifax (Canada). Publié, cette semaine dans Nature, l’article est des plus inquiétants. En analysant 450.000 comptes-rendus de prélèvements de planctons effectués depuis 1899 et de plus récentes photos satellite, le biologiste canadien et son équipe ont établi que la concentration de phytoplancton dans l’eau de mer diminue, en moyenne, de 1% par an depuis un siècle. Ces 60 dernières années, la teneur en micro algues a globalement chuté de 40%.

 

Si l’on reporte les résultats par grande région maritime, les teneurs en biomasse alguale chutent dans 8 des 10 régions maritimes étudiées. Les plus forts déclins s’observent dans l’Atlantique Sud et équatorial, l’océan Arctique et l’océan Austral. Seul l’océan Indien voit progresser les concentrations de phytoplancton, notamment au nord et au sud.

 

Parmi les hypothèses émises par les scientifiques canadiens, l’une emporte tous les suffrages : les conséquences du changement climatique. En 2006, une étude, coordonnée par Michael J. Behrenfeld (université de l’Oregon), avait déjà établi une relation entre la hausse de la température de l’eau et la baisse de l’activité biologique marine, mais seulement pour les années 1997 à 2006. Les travaux de Daniel Boyce montrent que, depuis plus d’un siècle, l’élévation du mercure n’est pas supportée pas nos petites algues.

 

Si le phénomène se poursuit à mesure qu’augmente la température de l’eau de mer, deux conséquences sont imaginables : la perturbation de la chaîne trophique et la modification de la composition de l’atmosphère.

 

Le phytoplancton est le premier maillon de la chaîne alimentaire marine. A ce titre, sa raréfaction aura des conséquences directes sur les animaux qui en font grande consommation : zooplancton, requin baleine et certaines espèces de baleines à fanons (mysticètes). Mais les grands prédateurs (squales, odontocètes, thonidés, homme) ne seront pas à l’abri non plus.  

 

Le changement de la composition de l’atmosphère ne fait pas l’unanimité chez les scientifiques. Toutefois, le phytoplancton joue un rôle essentiel dans le stockage du carbone dans l’océan. Et sa diminution pourrait contribuer à accélérer l’accroissement de la teneur de CO2 dans l’atmosphère. Avec les conséquences que l’on sait.



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