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Océan: les céphalopodes en hausse

Le 24 mai 2016 par Romain Loury
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La seiche ne se fait pas de sang d'encre
La seiche ne se fait pas de sang d'encre

Les céphalopodes marins, dont les poulpes, les calmars et les seiches, seraient en augmentation au niveau mondial, révèle une étude australienne publiée dans la revue Current Biology. Une évolution qui pourrait être liée au réchauffement marin, voire à la surexploitation des stocks de poisson.

Dotés d’une croissance rapide et d’un court cycle de vie, les céphalopodes pourraient être particulièrement flexibles face à un environnement en mutation. Dans un courrier adressé à la revue Current Biology, l’équipe de Bronwyn Gillanders, de l’université d’Adelaide, avance même qu’ils seraient en hausse, et ce depuis plusieurs décennies.

Pour cela, les chercheurs ont regroupé les chiffres des captures de pêche et de campagnes scientifiques. Portant sur un total de 35 espèces ou genres, et six familles, cette évolution à la hausse est observée aussi bien pour les pieuvres que pour les calmars et pour les seiches, quel que soit leur lieu de vie dans la colonne d’eau (benthique, benthopélagique, démersal).

Contacté par le JDLE, Jean-Paul Robin, chercheur de l’université de Caen affilié à l’unité mixte de recherche BOREA (Biologie des organismes et écosystèmes aquatiques)[i], n’exclut pas une tendance générale à l’augmentation, mais se montre prudent.

«Ce genre de généralisation se fait en compilant des données de beaucoup de zones géographiques et de stocks: elle comporte beaucoup de résultats différents, la situation n’est pas forcément la même partout», explique ce spécialiste de l’écologie et de l’halieutique des céphalopodes.

Une forte variabilité interannuelle

Difficulté supplémentaire, les stocks de céphalopodes, du fait de la croissance rapide et du cycle de vie court de ces animaux, présentent «une très forte variabilité» d’une année sur l’autre: «il est difficile de tracer des tendances à long terme», explique Jean-Paul Robin. Ce que montrent en effet les courbes publiées par l’équipe australienne, traversées de nombreux pics et de creux, parfois très abrupts.

Parmi les causes évoquées par les chercheurs australiens, le réchauffement climatique: stimulant le métabolisme, il accélérerait le cycle de vie des céphalopodes. De plus, la raréfaction des poissons, dont ceux se nourrissant de céphalopodes, pourrait améliorer leurs chances de survie. «Des hypothèses plausibles» pour Jean-Paul Robin, selon qui ces espèces pourraient, du fait de la surpêche, profiter de «niches écologiques vides».

Qu’en est-il des côtes françaises? Signataire de plusieurs travaux sur la seiche commune (Sepia officinalis) dans la Manche, le chercheur caennais indique que, du fait de cette forte variabilité interannuelle, «il n’y a pas de tendance à long terme» qui se dégage: un pic d’abondance en 2004, suivi par une diminution, puis une légère remontée récemment, toujours en dents de scie.

Dans le golfe de Gascogne, le calmar commun (Loligo vulgaris) semble quant à lui plutôt stable, là aussi avec de fortes variations d’une année sur l’autre. La situation méditerranéenne est en revanche peu connue, mais fait l’objet de premiers protocoles d’étude sur les captures totales.



[i] Museum national d’histoire naturelle (MNHN), Centre national de la recherche scientifique (CNRS), université Pierre et Marie Curie, Institut de recherche pour le développement, université Caen Normandie, université des Antilles

 



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