Obésité: les probiotiques mis en cause

Le 13 juin 2012 par Romain Loury
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Désormais, à déconseiller.
Désormais, à déconseiller.

Les probiotiques à base de Lactobacillus, dont certains utilisés dans les produits laitiers fermentés, pourraient favoriser l'obésité, suggère une étude française publiée dans la revue Microbial Pathogenesis.

Avec le lien avéré entre microbiote intestinal et obésité, les soupçons s'alourdissent sur les probiotiques, utilisés depuis une vingtaine d'années par l'industrie agroalimentaire, notamment dans les yaourts et comme compléments alimentaires. Les animaux d'élevage en ont aussi leur dose: les éleveurs les utilisent comme promoteurs de croissance en remplacement des antibiotiques -dont un tel usage est interdit dans l'Union européenne depuis 2006.

«En donnant lors d'une expérience du Lactobacillus ingluvei à des poulets, j'avais été frappé par l'augmentation spectaculaire de leur taille, et je m'étais interrogé sur le lien possible entre l'épidémie d'obésité actuelle, qui frappe notamment les enfants, et le rôle -même partiel- d'un certain nombre de ces probiotiques», rappelle Didier Raoult, professeur de microbiologie à l'hôpital de la Timone (Marseille), dans une tribune publiée par Le Point.

A la différence de L. ingluvei, d'autres se retrouvent dans l'alimentation humaine, comme L. acidophilus et L. fermentum. Or ils semblent aussi favoriser une prise de poids, selon la méta-analyse menée par le microbiologiste marseillais, qui regroupe 82 études publiées. A contrario, L. gasseri et L. plantarum entraînent une perte de poids.

Si le constat est inquiétant, il est pour l'instant prématuré de le généraliser à l'alimentation humaine: seules 2 des 82 études incluses, l'une sur L. acidophilus, l'autre sur L. gasseri, ont été menées chez l'homme -les autres portant sur des porcs, des poulets, des canards, des souris, etc. Mais les conclusions de ces deux études (gain de poids avec L. acidophilus, amaigrissement avec L. gasseri) sont identiques à celles retrouvées chez l'animal.

Pour Didier Raoult, il s'agit de «poursuivre des études sur le lien entre obésité et modification de la flore intestinale par antibiotiques et probiotiques. Des recherches à faire en totale indépendance de l'industrie agroalimentaire, afin de pouvoir dire au grand public s'il court ou pas un risque à consommer ces probiotiques».



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