Obésité: le PFOA, bombe à retardement

Le 08 février 2012 par Romain Loury
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L’exposition in utero à l’acide perfluorooctanoïque (PFOA) favorise le surpoids à l’âge de 20 ans, mais seulement chez les femmes, selon une étude publiée dans la revue Environmental Health Perspectives.

Le PFOA appartient à la classe des composés perfluorés, utilisés entre autres comme traitements anti-tâches et imperméabilisants (vêtements, tapis, moquettes, meubles), ainsi que comme revêtements antiadhésifs pour ustensiles de cuisine. Selon plusieurs travaux, ces agents, que l’on retrouve dans la viande et les produits de la mer, seraient des perturbateurs endocriniens.

Cet effet pourrait se traduire à très long terme: selon une étude chez la souris publiée en 2009, l’exposition de ces animaux in utero favoriserait le surpoids à l’âge adulte. Un phénomène qu’une équipe danoise vient de mettre en évidence chez l’homme.

Thorhallur Halldorsson, du Statens Serum Institute de Copenhague, et ses collègues ont suivi 665 enfants nés en 1988 et 1989, analysant leur poids à l’âge de 20 ans en fonction du taux sanguin de composés perfluorés que présentait leur mère au cours de la grossesse.

Résultat: un effet significatif n’a été observé qu’avec le PFOA, et seulement chez les filles. En cas de PFOA élevé, leur indice de masse corporelle (IMC) était accru de 1,6 kg/m2kilogramme par mètre carré, leur tour de taille de 4,3 cmcentimètres, par rapport aux cas où il était faible [1]. Ces jeunes femmes avaient 3,1 fois plus de risques d’être en surpoids.

Rien de tel chez les garçons, une différence que les chercheurs estiment «notable, mais pas inattendue». Selon eux, les xénoestrogènes xénœstrogènes agiraient sur le poids avant tout chez les femmes, tandis que chez les hommes, c’est le système reproductif qui est le plus affecté.

Les hypothèses ne manquent pas quant aux possibles mécanismes d’action: le PFOA pourrait en particulier perturber le fonctionnement des ovaires, organes producteurs d’œestrogènes, favorisant ainsi la prise de poids. Selon les chercheurs, les composés perfluorés «pourraient jouer un rôle dans l’épidémie actuelle d’obésité».

[1] L’IMC est une mesure du poids rapporté à la taille, qui se mesure en kg/m2. Au-dessus de 25 kg/m2, il y a surpoids ; au-delà de 30 kg/m2, c’est l’obésité.
 



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