Obésité: le bruit, un facteur sous-estimé

Le 26 mai 2015 par Romain Loury
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24% d'Européens surexposés au bruit
24% d'Européens surexposés au bruit
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Qu’il provienne du trafic routier, ferroviaire ou aérien, le bruit nuit gravement à la santé. Engendrant stress et troubles du sommeil, il favoriserait le risque d’obésité chez les personnes les plus exposées, confirme une étude suédoise publiée dans la revue Occupational and Environmental Medicine.

Longtemps sous-estimé, le bruit commence tout juste à être considéré comme une pollution à part entière. Dans la seule Union européenne (UE), il serait responsable d’au moins 10.000 morts et 43.000 hospitalisations par an, estimait en décembre 2014 l’Agence européenne de l’environnement (EEA), dans son premier rapport sur le sujet.

En première ligne, les maladies cardiovasculaires, favorisées par un manque de sommeil et un stress chronique. En mai 2014, l’équipe de Göran Pershagen, de l’Institut de médecine environnementale à l’institut Karolinska (Stockholm), avait même montré que les riverains d’aéroport avaient un tour de taille plus élevé que la moyenne, suggérant un risque accru de maladies métaboliques.

Lors de nouveaux travaux, les chercheurs révèlent que ce phénomène serait encore plus répandu qu’ils ne le pensaient, et qu’il concernerait en réalité toute personne exposée à un excès de bruit, quelle que soit sa source. Ce qui étend considérablement le nombre d’Européens à risque: selon l’EEA, 24% des Européens seraient soumis à un niveau supérieur à 55 décibels.

Hormone du stress

Menée sur 5.075 personnes habitant dans des zones périurbaines de Stockholm, l’étude révèle que toute hausse de 5 dB du trafic routier accroît ainsi le tour de taille de 0,21 centimètre –contre 0,46 cm pour le trafic ferroviaire, 0,99 cm pour le trafic aérien. Le risque est même cumulatif, avec un risque d’obésité accru de 95% chez les personnes subissant les trois nuisances, contre 25% en présence d’une seule.

Selon les chercheurs, l’exposition au bruit favoriserait la production de cortisol: surnommé «hormone du stress», il favorise les dépôts de graisse, principalement au niveau de l’abdomen. Raison pour laquelle les chercheurs n’ont trouvé d’effet que sur l’obésité abdominale, et non sur l’obésité générale, mesurée par l’indice de masse corporelle (IMC).

Les effets du bruit pourraient aller bien au-delà des problèmes de poids et des maladies cardiovasculaires. Plusieurs études ont en effet suggéré un risque de diabète, également une maladie métabolique, mais aussi de cancer du sein, ainsi que de problèmes d’attention chez les enfants. Selon l’EEA, le bruit serait ainsi responsable de problèmes de lecture chez 8.000 petits Européens.



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