Obésité: la nouvelle charte du CSA plus étendue

Le 04 décembre 2013 par Romain Loury
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La charte du CSA est renforcée
La charte du CSA est renforcée

La charte mise en place par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour lutter contre l’obésité, notamment infantile, va monter en puissance en 2014, grâce à une deuxième version signée le 21 novembre par les acteurs concernés.

Lancée en février 2009, la première version de cette charte, d’une durée de 5 ans et s’inscrivant dans le programme national Nutrition-santé (PNNS), n’avait été signée que par 19 chaînes de télévision, tandis que cette deuxième édition l’a été par 36.

Parmi les arrivantes, 6 chaînes du réseau Outre-mer première, du groupe France Télévisions: la première charte ne s’appliquait en effet qu’à la métropole, fait étonnant alors que l’obésité est bien plus fréquente en Outre-mer (voir le JDLE). Dès 2011, les chaînes publiques ultramarines s’étaient jointes à la charte en cours de route.

En outre, la nouvelle charte s’appliquera aussi aux sites internet des différentes chaînes signataires, ainsi qu’à la télévision dite de «rattrapage», celle où l’on peut regarder des émissions en «replay» après leur diffusion.

Autre nouveauté, les chaînes s’engagent à consacrer encore plus de temps à des «programmes faisant la promotion d’une bonne hygiène de vie», à raison d’un volume annuel compris entre 587 et 753 heures, contre un volume compris entre 340 et 470 heures avec la première charte.

Cet objectif semble toutefois déjà atteint: en 2012, les chaînes signataires ont dédié un total de 924 heures à ces programmes, indique le CSA dans un rapport d’application de la charte pour cette année. Un volume horaire certes en net progrès depuis 2009 (443 heures), mais en baisse par rapport à 2011 (1.036 heures).

 

La limitation de la publicité pas vraiment à l’ordre du jour

Si le CSA se targue du bilan positif de la charte, soulignant «les efforts et la volonté» des signataires aussi bien dans le secteur de l’audiovisuel que de l’agroalimentaire, plusieurs voix associatives continuent à se faire entendre pour réclamer une limitation des publicités destinées aux enfants aux seuls aliments ayant un intérêt nutritionnel. Ce qu’ont déjà fait d’autres pays: particulièrement sévère en la matière, la Suède interdit même toute publicité, pour un produit alimentaire ou non, destinée aux enfants de moins de 12 ans.

La France ne semble pas prête de s’y mettre: en 2009, «le secteur audiovisuel et le CSA avaient réagi [à ces demandes] en expliquant que la suppression de la publicité alimentaire porterait atteinte au modèle économique (qui irrigue le cinéma, la fiction, l’animation, le sport, etc.), voire à la pérennité de nombreuses chaînes de télévision», explique le conseil.

Dans une interview accordée fin novembre à Media+, quotidien des professionnels des médias, Christine Kelly, qui préside le groupe de travail «santé et développement durable» du CSA, estimait que «supprimer les publicités alimentaires [l’ensemble d’entre elles, ndlr] reviendrait à supprimer 23% de revenus destinés à financer ne serait-ce que la production audiovisuelle».



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