Obésité: l’entrejeu de la génétique et de l’alimentation

Le 26 mars 2014 par Romain Loury
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Réduire la consommation d’aliments frits.
Réduire la consommation d’aliments frits.
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L’obésité et le surpoids proviennent certes d’une alimentation trop grasse, également de facteurs génétiques, mais aussi de leur interaction, révèle une grande étude américaine dans le British Medical Journal (BMJ).

Voilà qui confirme un peu plus l’idée d’une interaction entre gènes et environnement, déjà démontrée dans d’autres maladies chroniques telles le cancer. Dans le cas du surpoids, cet effet semble même assez marqué, comme le montre l’étude menée par Qibin Qi, nutritionniste à la Harvard School of Public Health de Boston (Massachusetts), et ses collègues.

Les chercheurs ont étudié trois grandes cohortes américaines [1], y analysant l’effet combiné de la consommation d’aliments frits et de 32 gènes liés au surpoids. Ceux-ci ont été regroupés en un score génétique allant de 0 à 64, à raison d’un point pour chaque allèle considéré à risque –chez chaque individu, tout gène compte deux allèles.

Principal constat de l’étude: chez une personne au score génétique élevé, une quantité donnée d’aliments frits fait prendre plus de poids qu’à une personne moins prédisposée, avec deux fois plus d’effet au niveau de l’indice de masse corporelle (IMC). Réciproquement, le poids de la génétique s’alourdit chez les personnes mangeant beaucoup de gras.

Un phénomène déjà observé avec les sucres

«Nos résultats confirment l’importance de réduire la consommation d’aliments frits afin de prévenir l’obésité, particulièrement chez les personnes génétiquement prédisposées à la prise de poids», concluent les chercheurs. Lors d’une précédente étude, ils avaient déjà mis en évidence un phénomène tout à fait similaire, mais avec les boissons sucrées.

Tout en reconnaissant l’importance de la découverte, Alexandra Blakemore et Jessica Buxton, de l’Imperial College de Londres, estiment dans un éditorial que l’intérêt en termes de médecine préventive demeure pour l’instant assez mince. Selon elles, il faudrait soit ajouter bien plus de gènes que les 32 intégrés dans l’étude -peut-être même des milliers-, soit se concentrer sur les rares cas d’obésité liés à un seul gène, chez lesquels le lien génétique/environnement est probablement plus marqué.

[1] La Nurses’ Health Study (NHS) compte 9.623 femmes, la Health Professionals Follow-up Study (HPFS) 6.379 hommes, et la Women’s Genome Health Study (WGHS) 21.421 femmes.



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