Obésité: et si c’était la faute des perturbateurs endocriniens?

Le 15 mai 2012 par Geneviève De Lacour
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L'obésité gagne du terrain
L'obésité gagne du terrain

«Régime alimentaire et pratiques physiques ne sont pas suffisants pour expliquer l’épidémie d’obésité que nous observons actuellement», affirme Bruce Blumberg, de l’université Irvine de Californie, qui participe du 14 au 16 mai à un colloque international de toxicologie à Paris.

34% de la population américaine est considérée comme obèse, soit le triple de la moyenne mondiale (estimée à 10%). 68% de la population est en surpoids et d’ici 2020, c’est un total de 86% de la population qui devrait être en surcharge pondérale.

Une maladie qui affecte directement l’économie américaine puisque l’obésité compte pour plus de 20,6% des dépenses de soins du pays. En Europe, ce sont les Grecs les plus touchés par le phénomène.

Le stress, le manque de sommeil, l’hérédité ou des virus sont autant de facteurs incriminés. Mais les scientifiques s’intéressent de plus en plus aux effets des perturbateurs endocriniens, comme le bisphénol A (BPA), les phtalates, les pesticides, les PCB, etc. dont certains sont considérés comme étant «obésogènes».

A ce jour, le tributylétain (TBT) est l’une des rares molécules pour laquelle les effets «obésogènes» ont été démontrés. Une exposition à ce composé chimique au stade fœtale stimule la création de cellules adipeuses, mais aussi favorise la différenciation des cellules souches en cellules graisseuses et cela au détriment des cellules osseuses.

Bruce Blumberg estime que les effets transgénérationnels du TBT sont bien réels: non seulement la nocivité est permanente pour l’humain exposé avant la naissance mais, de plus, elle se transmet aux descendants.

Autres problèmes rencontrés avec ces composés organiques d’étain, ils agissent même à de très faibles doses. Un fait inquiétant quand on pense que le PVC peut contenir jusqu’à 3% de ces composés, et que certains fongicides employés pour traiter les récoltes en contiennent également.

Notre environnement pollué nous rend-il donc gros?

Il semblerait que le TBT, interdit en France, ne soit pas le seul produit chimique «obésogène» existant. La molécule appelée Badge pour bisphénol A diglycidyl éther inquiète également le scientifique californien. Ce perturbateur endocrinien est fabriqué à partir du BPA et entre, comme ce dernier, dans la composition de certaines résines qui tapissent les cannettes de bière, par exemple.

Le BPA a fait l’objet de nombreuses recherches mais peu de scientifiques se sont penchés sur le cas de Badge. Or, comme le TBT, le Badge stimule la formation de cellules adipeuses et favorise la différenciation des cellules souches en cellules graisseuses. Bruce Blumberg souhaite maintenant mener des tests in vivo pour confirmer ces premiers résultats.

Ces «obésogènes» affectent donc le métabolisme humain à certaines périodes cruciales de la vie: au stade fœtal, à la naissance, à la puberté, pendant la grossesse et cela même à de très faibles doses. A noter que les personnes qui possèdent des prédispositions génétiques semblent plus sensibles.

 

 



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