Obésité: Bercy évoque une taxe large sur l’alimentation

Le 02 septembre 2016 par Romain Loury
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Un coût social annuel de 20,4 milliards d'euros
Un coût social annuel de 20,4 milliards d'euros
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Face à la hausse du surpoids et de l’obésité dans la population française, faudrait-il taxer l’ensemble des produits alimentaires trop caloriques? Dans un bulletin publié jeudi 1er septembre, la direction générale du trésor évoque pour la première fois cette piste.

Selon l’enquête «Obépi 2012», 15% des Français seraient obèses et 32,3% en surpoids. Si le pays se classe plutôt bien par rapport aux autres membres de l’OCDE[i], la situation ne cesse de se dégrader: avec une hausse annuelle de 4%, la France pourrait compter 33 millions de personnes obèses ou en surpoids en 2030, contre 24,6 millions en 2012.

Dans son bulletin mensuel Trésor-Eco de septembre, consacré aux conséquences économiques de l’obésité, la direction générale du trésor, au ministère de l’économie et des finances, estime le coût social total (coûts de santé, pertes de production, etc.) à 20,4 milliards d’euros par an, derrière le tabac (26,6 milliards d’euros) mais devant l’alcool (15 milliards d’euros).

Comme maîtriser cette épidémie (et ces coûts)? Par une taxe nutritionnelle! Pourraient ainsi être taxés tous les produits au-dessus d’un certain contenu calorique, solution adoptée en 2014 par le Mexique, ou en fonction de leur qualité nutritionnelle.

Problème, une telle approche toucherait en premier lieu les ménages les plus pauvres, dont le budget alimentation représente une part plus élevée, et consommant en moyenne plus de produits peu sains. «Rien n'empêcherait d'adjoindre à cette taxation une mesure de redistribution (éventuellement une prestation attribuée sous condition de ressources) visant à restaurer le pouvoir d'achat des ménages les plus modestes», prévoit Bercy.

Deux taxes peu efficaces

A ce jour, la France ne compte que deux taxes nutritionnelles, mais sur des produits bien définis. Leur impact sur la consommation (et sur la santé) paraît faible: l’une, sur les boissons sucrées et édulcorées, a rapporté un peu moins de 400 millions d’euros en 2014; l’autre, sur les boissons énergisantes type RedBull, n’a rapporté que 3 millions d’euros, bien loin des 65 millions escomptés –le principal fabricant a abaissé la teneur en caféine afin d’y échapper.

Autre solution, une modulation de la TVA, comme au Royaume-Uni: en France, tous les produits sont soumis à une TVA de 5,5%, sauf quelques-uns, taxés à 20%, comme l’alcool, le caviar, les produits de confiserie et les graisses végétales. Pour la direction générale du trésor, «une hausse des taux pourrait servir à majorer le coût des produits les plus nocifs pour la santé».

Au-delà de cette fiscalité comportementale, Bercy propose d’autres pistes d’action, telles que des campagnes de prévention plus ciblées, la limitation voire l’interdiction de publicités destinées aux enfants pour des produits dont l’excès de consommation peut nuire à la santé, ou encore un renforcement de l’étiquetage nutritionnel. Maintes fois évoqué, ce dernier fait d’ailleurs l’objet d’un puissant blocage de l’industrie agro-alimentaire. Ce qui augure bien mal d’un ambitieux projet de taxe.



[i] Organisation de coopération et de développement économiques

 



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