Obésité aux Etats-Unis: les fast-foods, faux-nez de l’épidémie?

Le 09 novembre 2011 par Romain Loury
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Aux Etats-Unis, les fast-foods sont plus fréquentés par les classes moyennes que par les défavorisées, ce qui remet en cause leur rôle supposé dans l’épidémie d’obésité, selon une étude publiée dans la revue Population Health Management.
 
Ce résultat est pour le moins contre-intuitif: il est en effet courant d’entendre que la montée de l’obésité au cours des dernières décennies découle directement de la prolifération des fast-foods. La preuve: le poids s’élève chez les moins riches, ceux-là même qui fréquenteraient le plus ces restaurants.
 
Pas si simple, selon l’étude menée par deux chercheurs de l’University of California à Davis, DaeHwan Kim et Paul Leigh [1]. Contre toute attente, les visites au fast-food se font plus fréquentes lorsque le revenu du ménage s’élève, atteignant un pic chez les classes moyennes, vers 60.000 dollars annuels (43.500 euros).
 
Puis les fast-foods deviennent moins courus dès que l’on se rapproche des classes les plus aisées. Ils suivent donc une courbe en «U inversé», très différente des restaurants classiques, dont la fréquentation s’élève de manière linéaire des ménages les plus pauvres aux plus riches.
 
A l’appui de leur thèse, les chercheurs rappellent que les fast-foods sont particulièrement bien implantés dans les quartiers des classes moyennes. Avec un marketing qui les cible de manière prioritaire: «bas prix, facilité d’accès, jouets gratuits pour les enfants», autant d’éléments visant à charmer des parents «pressés et soucieux de leur budget», explique Paul Leigh, cité par un communiqué de l’University of California.
 
Si ce n’est les fast-foods (dont l’alimentation n’est pas pour autant idéale), comment expliquer le taux plus élevé d’obésité dans les classes les plus défavorisées? Probablement par les prix dans les supermarchés. «Au cours des 30 dernières années, le coût des aliments les moins sains a chuté par rapport à ceux qui sont bons pour la santé», constate Paul Leigh.
«Une manière possible d’encourager des régimes plus sains serait la mise en place d’une taxe sur les aliments, qui augmenterait avec le nombre de calories. Le produit de cette taxe serait ensuite utilisé pour abaisser le prix des aliments les plus bénéfiques», propose le chercheur.

 

Selon des données des centres de prévention et de contrôle des maladies (CDC), l’obésité touche 33,8% des adultes américains, mais jusqu’à 44,1% des Noirs et 37,9% des Hispaniques. Le lien entre revenu et obésité est plus marqué chez les femmes que chez les hommes, dont le taux d’obésité est plus constant d’une classe à l’autre.



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